Des médecins contre le mouvement de grève

Alors que les chirurgiens et médecins libéraux entament leur deuxième jour de grève, quelques voix s'élèvent pour dénoncer ce mouvement. Deux professeurs de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) ont ainsi lancé une pétition pour protester contre le mouvement des chirurgiens libéraux auxquels ils refusent de s'associer.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Reportage de Géraldine Zamansky et Dominique Tchimbakala

Lundi 12 novembre 2012, la grève des chirurgiens et médecins libéraux, récusant notamment l'accord sur les dépassements d'honoraires, a fortement affecté 82% des cliniques d'Ile-de-France, 60% des établissements de Rhône-Alpes. Ailleurs, les perturbations étaient moins fortes, même si selon les grévistes, elles touchaient les deux tiers des cliniques privées.

De peur de voir les hôpitaux submergés de patients, la Fédération Hospitalière de France (FHF), qui représente les hôpitaux publics, demande à ce que les préfets puissent réquisitionner les chirurgiens libéraux dans les cliniques privées, afin qu'ils assurent eux aussi la permanence des soins.

De son côté la ministre de la Santé, Marisol Touraine, défend l'accord du 25 octobre 2012 et rappelle que "les 5% de médecins qui pratiquent des tarifs qui ne sont pas défendables doivent pouvoir être sanctionnés". Elle précise aussi que l'accord signé prévoit déjà une revalorisation des actes de chirurgie au cours des trois années à venir.

Ce mouvement de grève est loin de faire l'unanimité y compris chez les médecins. A fortiori dans le secteur public. Une pétition contre la grève a même était lancée à l'initiative de deux médecins hospitaliers. 200 signatures ont été recueillies jusqu'ici.

"Nous, médecins de toutes spécialités et de tout mode d'exercice attachés à l'égalité d'accès à des soins de qualité sur l'ensemble du territoire, ne participons pas à la grève des soins initiée par certains syndicats", écrivent les professeurs André Grimaldi et Jean-Paul Vernant dans cette pétition consultée par l'AFP et dévoilée par le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Selon eux, cette "grève corporatiste, au moment où le pays connaît une crise économique et sociale majeure, ne peut pas être comprise par l'opinion publique". Ils appellent "les médecins et les internes à ne pas la suivre".

Selon les auteurs, les syndicats à l'origine du mouvement de grève "refusent par principe toute limitation des dépassements d'honoraires. S'il est vrai que certains tarifs notoirement insuffisants de la Sécurité sociale doivent être révisés, rien ne justifie que le montant des dépassements d'honoraires puisse aller du simple au triple, voire plus, pour la même activité réalisée dans la même ville", poursuivent-ils.

Pour Philippe Cuq, co-président du syndicat Le Bloc, à l'initiative du mouvement, cette pétition a été lancée par "des hommes politiques dont les situations à l'hôpital sont très confortables et qui vivent en dehors de la réalité du quotidien de la médecine de terrain".

"Ils sont contre les dépassements d'honoraires et contre la médecine libérale", a-t-il déclaré à l'AFP.

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