4è Journée pour le droit de mourir dans la dignité

4è Journée pour le droit de mourir dans la dignité

L’association pour le Droit à mourir dans la dignité (ADMD) organise ce mercredi 2 novembre 2011 un rassemblement sur le Parvis des Droits de l’homme, au Trocadéro, pour célébrer la 4è Journée Mondiale pour la légalisation de l’euthanasie. Trois questions à son président, Jean-Luc Romero.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Où en est-on en France du droit de mourir dans la dignité ?

Jean-Luc Romero : "On voit qu'il y a une évolution ces derniers mois : il y a eu un débat à l'Assemblée nationale (le 24 novembre 2009) ainsi qu'un débat au Sénat (25 janvier 2011), autour d'une proposition de loi. Cela n'était jamais arrivé auparavant.

"Pour la première fois, on voit que l'unanimité autour de la loi Leonetti n'existe plus. 94 % des Français (sondage Ifop pour le journal Sud-Ouest, octobre 2010) sont d'accord pour légaliser l'euthanasie. C'est un des sujets de société sur lequel il y a le plus de consensus dans la population. Encore une fois, cela montre le décalage des politiques par rapport à la société. Mais comme je vous le disais, les choses évoluent. Voilà pourquoi je suis raisonnablement optimiste pour 2012."

Justement qu'attendez-vous des candidats à la présidentielle et aux législatives en 2012 ?

Jean-Luc Romero : "J'attends le vote d'une loi qui marche sur ses deux jambes. C'est-à-dire un accès universel aux soins palliatifs. C'est d'autant plus urgent qu'on sait, d'après un rapport ("La mort à l'hôpital", Dr. Françoise Lalande et Olivier Veber, septembre 2009) de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), que le manque de place en soins palliatifs est criant. Donc j'attends que les gouvernants y consacrent plus d'argent. J'attends aussi une légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté.

"Le 24 mars 2011, notre association invite les candidats à la présidentielle à venir s'exprimer sur la fin de vie au Cirque d'Hiver, à Paris. Une campagne de communication est également lancée dans plusieurs journaux nationaux. Et puis nous avons créé le site admd2012 sur lequel nous répertorions les positions sur la fin de vie de tous les candidats à la présidentielle et aux législatives. Et ce, pour que les citoyens soient informés des propositions de leurs élus."

Le Parlement a déjà légiféré en 2005 avec la loi Leonetti sur la fin de vie et les soins palliatifs. A votre avis, pourquoi ce texte ne suffit plus ?

Jean-Luc Romero : "Parce qu'il s'agit d'une loi faite par des médecins, pour des médecins, qui ne place pas le patient au cœur de la décision. D'ailleurs, si le patient n'est plus en mesure de décider, le médecin le fait pour lui. En plus – et on en a des témoignages tous les jours- c'est une loi très cruelle parfois. C'est la loi du laisser mourir de faim et de soif, soi disant pour éviter l'acharnement thérapeutique.

"Pour nous, la fin de vie est d'abord une affaire citoyenne, pas médicale. Tout comme l'avortement à l'époque. De la même façon que les femmes peuvent décider de ce qui est mieux pour elle, nous réclamons pour le citoyen qu'on lui laisse sa dernière liberté. Celle de choisir la façon dont il souhaite mourir.

"Ce que nous souhaitons, c'est sortir de la situation hypocrite dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui."

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