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Produits allégés : ne tombez pas dans le panneau !

Un Français sur quatre consomme régulièrement des produits allégés, ou light. L'objectif : assainir son alimentation ou entretenir un régime. Mais que veut dire exactement le terme "allégé" ? Et quel est l'impact réel de ces produits sur notre santé ? L'arnaque marketing n'est jamais bien loin, méfiez-vous avant de céder aux sirènes des slogans.

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Produits allégés : ne tombez pas dans le panneau !
Produits allégés : ne tombez pas dans le panneau !
Sommaire

50 ans de produits allégés

La grande aventure des produits allégés a commencé dans les années 60, avec l'autorisation de mise sur le marché du lait écrémé, moins gras que le lait classique. À partir de cette date, chaque produit alimentaire a alors été doté d’une version "light" ou "allégée".

Un hypermarché propose aujourd'hui en moyenne 500 références plus ou moins allégées. En tête des ventes, les produits ultra frais : yaourts, desserts, beurres, crèmes fraîches et boissons.

Le marché des produits allégés est florissant. En 2006, les foyers français ont dépensé en moyenne 132 euros pour les produits dotés d'une image santé favorable, soit 12 % des dépenses alimentaires totales*, et 70 % d'entre elles concernaient ces produits allégés.

*(Source : Sondage TNS)

Produits allégés, une définition trompeuse

Les promesses des produits allégés

Difficile de s'y retrouver parmi l'offre foisonnante de produits allégés. Les emballages souvent accrocheurs sont compliqués à comprendre et en plus de nouveaux "types" d'allégés sortent régulièrement sur le marché.

Produits laitiers, biscuits, boissons… le light se conjugue à toutes les sauces mais répond à une norme précise. En effet, "allégé" ne veut pas dire la même chose que "sans", "à faible teneur en". Un produit est estampillé "allégé" uniquement si la teneur d'un nutriment ou sa valeur calorique est réduite d'au moins 25 % en poids, par rapport au produit de référence. Il s'agit également de savoir en quoi le produit est allégé. La législation n'impose pas que l'allégement soit global. Elle permet aux fabricants de choisir entre sucres, matières grasses et calories.

Véritable poids lourd du marché de l'agroalimentaire jusqu'à la fin des années 90, l'allégé connaît aujourd'hui une petite baisse de régime car les clients cherchent d'autres promesses et veulent plus de naturalité, et plus de produits qu'on appelle "sans" : "sans sucre", "sans gras", "sans sel" mais aussi "sans aspartame", "sans huile de palme", "sans colorant artificiel"... Ces produits "sans" commencent à prendre le pas sur l'allégé pur.

Les industriels doivent donc s'adapter en proposant aux consommateurs des produits allégés respectueux du goût et moins chargés en additifs. Autre solution : la substitution avec comme produit star, la stévia. La stévia est une plante aux vertus naturellement sucrantes qui connaît un vrai engouement. Néanmoins l'inconvénient de la stévia est qu'elle garde un arrière goût amer de réglisse.

Pour savoir ce que vous consommez, il vous suffit de tourner le paquet et de consulter le tableau qui détaille la proportion des ingrédients. N'hésitez pas aussi à comparer un produit allégé avec un produit référent. Enfin ce n'est pas parce qu'un produit est allégé qu'il faut avoir la main lourde et en abuser. Manger de tout et en quantités raisonnables reste la meilleure des solutions.

Produits allégés : quelle efficacité ?

Beaucoup de nutritionnistes sont très réservés sur la réelle utilité des produits allégés

Contrairement aux idées reçues, aucune étude scientifique n'a prouvé que les produits allégés permettent de maigrir. Pire, leur consommation pourrait même perturber les mécanismes de régulation alimentaire. Toutefois, dans le cas des produits réellement allégés en graisse ou en sucre, notamment les boissons gazeuses ou les produits laitiers, ils peuvent être un complément pertinent dans le cadre d'un régime plus global.

Mais le meilleur moyen pour perdre du poids et conserver une bonne santé, est d'adopter une alimentation équilibrée et saine, associée à une activité physique régulière.

Dernier paramètre : côté prix, les produits "light" varient souvent du simple au double, voire au quintuple, par rapport aux produits de référence.

Il suffit d'un test à l'aveugle dans la rue pour démontrer que les produits allégés n'offrent pas d'intérêt gustatif particulier. Reste alors à savoir s'ils sont véritablement un atout pour notre santé.

La fabrication des produits allégés

Création d'une matière grasse allégée

Les produits allégés font les choux gras de l'industrie alimentaire. Depuis longtemps, les produits allégés ont envahi les rayons de nos supermarchés. Leurs précurseurs : le lait demi-écrémé et les fromages blancs qui ont fait leur apparition dans les années 60. Aujourd'hui on trouve des versions allégées de tous types de produits : boissons, biscuits, plats cuisinés, glaces.

Pour être considéré comme "allégé", un aliment doit présenter une teneur réduite en sucres, en matières grasses ou en calories d'au moins 25 % par rapport à un produit de référence. Pour fournir les industriels de l'agroalimentaire, une équipe de chercheurs a mis au point un procédé permettant de fabriquer une matière grasse allégée. Cette matière est ensuite incorporée à certains produits comme la vinaigrette.

Pour alléger un produit, la recette est simple. Pour la matière grasse, on peut ajouter de l'eau ou augmenter le pourcentage de viande par rapport à celui du gras, c'est le cas des saucisses allégées ; on peut aussi ajouter de l'air, comme pour la mousse au chocolat. Et si l'on veut fabriquer de la charcuterie light, on compense par de l'amidon ou des fibres. Pour le sucre, c'est le même principe, on le remplace par des édulcorants comme le sorbitol, l'aspartame ou saccharine.

En savoir plus : vos questions, nos réponses sur les produits allégés

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  • N'avalons pas n'importe quoi !
    Comment l'industrie s'engraisse en nous vendant de l'allégé, de l'enrichi, du sans-sucre, etc.
    Fabiola Flex
    Ed. Robert-Laffont, 2005

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