Violences familiales : que faire légalement ?

Que peuvent faire légalement les parents d'un enfant tyran de 15 ans déscolarisé et violent ?

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Violences familiales : que faire légalement ?

Les réponses avec Michel Defrance, directeur de l'Institut thérapeutique éducatif et pédagogique à Bièvre (91) :

"Demander de l'aide, il existe des services pour cela. D'abord à la médecine, aux services sociaux, à des établissements du style du nôtre qui ont des services en milieux ouverts, des Services d'Education Spécialisée et de Soins A Domicile (SESSAD) au plus près des parents et des jeunes.

"Il y a 360 Instituts Thérapeutiques Educatifs et Pédagogiques (ITEP) en France. La région parisienne est la dernière région sous-équipée en ITEP. Les choses s'améliorent mais on est loin du compte.

"Je veux dire par là que dans des situations bloquées, où il n'y a plus que les coups à la place des mots, il faut trouver du tiers, il faut trouver d'autres personnes. Nos institutions et les services que ce soit de l'aide sociale à l'enfance, de la protection judiciaire de la jeunesse ou des services médico-sociaux… C'est la question que quelqu'un vienne dénouer quelque chose et remettre à plat les situations.

"Dans des situations très importantes, on avait dernièrement un jeune qui est pris en charge chez nous et qui pour autant le week-end dernier a fait une crise épouvantable chez lui il a fallu que les parents appellent les pompiers, on procède par des mises à l'écart momentanées autour de ces jours de rupture, on confie l'enfant à quelqu'un d'autre momentanément. On essaie de réarticuler avec des gens qui n'ont rien à voir avec ce qui s'est noué psychiquement au sein de la famille et qui peuvent réinterroger l'enfant sur son fonctionnement.

"Sur la question des règles faut-il imposer, pas imposer ?, je pense qu'avant de passer à l'autonomie, c'est-à-dire se régir selon ses propres règles, il faut déjà effectivement passer par l'hétéronomie, c'est-à-dire l'acceptation des règles des autres. Je trouve que c'est dans cette dialectique-là, dans cet échange-là que les choses au sein de famille se nouent ou ne se nouent pas.

"L'école de ce point de vue-là aujourd'hui ne remplit pas ce rôle qu'elle pouvait jouer auparavant où il était clairement indiqué dans l'école de Jules Ferry que l'école était éducatrice. Aujourd'hui on l'a recentrée comme étant dispensatrice de savoir. Je trouve que l'école représentait pour énormément d'enfants un espace de résilience parce que l'enfant se retrouvait auprès de ses enseignants, auprès des surveillants dont on a diminué drastiquement le nombre alors que dans n'importe quel collège de 500 élèves, il faut de la médiation, des gens qui s'interposent entre les jeunes et cette société violente, des images d'identification qui sont complètement contre-productives."

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