Sida : comprendre le vieillissement prématuré des malades

Aujourd'hui, 150.000 personnes sont porteuses du VIH en France. Et depuis la découverte du virus en 1984, les progrès de la recherche sont spectaculaires. Grâce aux différents traitements mis au point, de plus en plus de séropositifs vivent désormais avec le VIH depuis des dizaines d'années. Toutefois cela n'est pas sans conséquences. Ces patients développent en effet, des pathologies particulières et leur corps vieillit prématurément.

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Vieillir avec le VIH

À 64 ans, Bernard Sellier est une sorte de rescapé. Depuis plus de 30 ans, il vit avec le virus du sida. Depuis 1980 avec l'apparition des premiers tests, il se sait séropositif.

Trente-trois ans plus tard, il est toujours présent grâce à sa force de caractère et aux traitements. Mais entre les traitements et le virus, son corps a beaucoup souffert. Cancer du testicule droit, colite, fonte musculaire, neuropathies, hépatites, même ses veines et ses artères sont usées. À tel point qu'il a dû subir de multiples pontages en 2010, une très lourde intervention qui a permis de remplacer ses vaisseaux abîmés. Bernard Sellier a également constaté un vieillissement accéléré.

Un vieillissement accéléré que le Pr Gilles Pialoux qui suit Bernard depuis 23 ans, a pu constater chez tous ses patients atteints de longue date. Les médecins estiment que les séropositifs déclarent des maladies liées à l'âge 10 à 15 ans avant les séronégatifs.

Il reste à comprendre pourquoi ce vieillissement survient prématurément. Depuis 2008, le laboratoire de biochimie de l'hôpital Tenon mène l'enquête. En France, ce laboratoire est le plus à la pointe sur le sujet. Chaque jour, les techniciens passent à la loupe des dizaines d'échantillons sanguins de personnes séropositives venus de toute la France.

"Quand on vieillit nos cellules, nos tissus dans le corps, vont libérer ce que l'on appelle des cytokines de l'inflammation. Et chez les patients séropositifs, il y en a un peu plus que chez les personnes non infectées du même âge", explique le Pr Jacqueline Capeau, chef du service de biochimie de l'hôpital Tenon, avant de préciser : "ces cytokines de l'inflammation vont aller agresser les tissus (cœur, os, cerveau…) et provoquer des maladies dégénératives du vieillissement. Et l'idée est de savoir pourquoi ces malades ont plus d'inflammations que les personnes non infectées."

Les résultats de cette vaste étude permettront d'améliorer la prise en charge des patients VIH et d'adapter leur traitement.

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