Pollution sonore : un nouvel indicateur au diapason des usagers

Deux observatoires du bruit présentent un nouvel indicateur grand public pour mieux évaluer la pollution sonore.

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Pollution sonore : un nouvel indicateur au diapason des usagers

Une flèche verte, jaune, ou rouge, pour indiquer le niveau de nuisance sonore d'un lieu. Cela peut paraître tout bête mais encore fallait-il y penser. Le projet européen Harmonica a été lancé en octobre 2013 dans le but de créer un indice du bruit simple et correspondant au ressenti des populations. Orchestré par les observatoires du bruit parisien Bruitparif et lyonnais Acoucité, il entre aujourd'hui 3 juillet 2014 dans sa phase opérationnelle.

Sonnette d'alarme

En Europe, la pollution sonore est devenue un véritable problème de santé publique. Le bruit a en effet un réel impact sur la santé et notamment sur la qualité du sommeil qui, lorsqu'elle s'altère, peut être à l'origine de stress, d'accidents ou encore d'un retard d'apprentissage chez les plus jeunes.

Selon un sondage réalisé en 2010 dans 75 grandes villes par la Commission européenne, plus de la moitié des répondants estimaient que le bruit leur posait un "grave problème". L'objectif d'Harmonica est donc de créer un indice du bruit simple et correspondant au ressenti des populations. En effet, la gêne ressentie par les habitants exposés à des nuisances sonores est "difficile à mesurer avec les outils actuels, qui expriment mal le ressenti des habitants et la diversité des situations", explique à l'AFP Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif.

Le nouvel outil, inspiré des indices de qualité de l'air, doit offrir une photographie plus fine, heure par heure, de la "pollution sonore" extérieure, selon ses créateurs.

Un indice à l'écoute des populations

À l'heure actuelle, la réglementation française confond dans une moyenne globale bruit de fond et pics sonores. Or, une distinction serait davantage pertinente. "Il y a un intérêt à distinguer bruit de fond et pics sonores", explique Eric Boboeuf, acousticien chez Symbiance. "En dessous d'un certain seuil, autour de 60 db, un bruit de fond est acceptable car continuel. Ainsi une personne vivant à proximité d'un axe routier s'habituera progressivement à la nuisance. Mais dès le hurlement d'une sirène ou le décollement d'un avion, il se sentira agressé. C'est ce qu'on appelle le pic, c'est-à-dire l'émergence d'un événement sonore". Ainsi ce pic est un générateur de stress, et s'il est fort et brutal, il peut même dégrader l'audition.

Nos oreilles possèdent un mécanisme de défense naturel contre le bruit. Il nous permet de contracter les osselets de l'oreille interne participant à la transmission du son lorsque celui-ci nous paraît trop fort, ce qui en atténue l'impact. Mais quand le bruit est soudain, l'oreille ne peut pas anticiper le choc sonore. Ceci peut provoquer un endommagement non réversible des cellules ciliées de l'oreille.

Couleur sonore

Le nouveau logo - une flèche vers le haut - apporte trois informations d'un coup sur un lieu donné : le niveau du bruit de fond (symbolisé par un rectangle plus ou moins grand à la base), l'importance des pics (avec une pointe plus ou moins élancée) et l'impact sanitaire (résumé par une couleur - vert/orange/rouge).

Les nouveaux indices commencerons à être testés dès ce mois de juillet sur huit sites déjà surveillés en Île-de-France et dans l'agglomération lyonnaise. Franciliens et Lyonnais pourront donc dès à présent connaître la couleur sonore de leur ville en consultant le site NoiseInEU, en attendant que le projet trouve un écho national.

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