Infirmières en terres désertées

Les infirmières sont plus dévouées que les médecins. Elles n'hésitent plus à s'installer dans les "déserts médicaux". C'est ce qu'indique un rapport rendu jeudi par l'Assurance maladie. Les aides à l'installation mises en place par l'Assurance maladie commencent à porter leurs fruits.  

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Infirmières en terres désertées
Infirmières en terres désertées

Les déserts médicaux ne font plus peur aux infirmières. Elles sont de plus en plus nombreuses à s'installer dans les zones désertifiées, a indiqué l'Assurance maladie. Là, dans ces régions qui manquaient cruellement d'infirmières, leurs effectifs y ont progressé de 33,5 %, soit 354 professionnelles supplémentaires. À l'inverse, leur nombre a diminué de 2,9 % en zones sur-dotées, soit 263 infirmiers libéraux de moins.

Les infirmières sont de plus en plus nombreuses à s'installer dans les déserts médicaux

La clé : des mesures incitatives

Une inversion de tendance, résultat d'un accord signé en 2008 entre l'Assurance maladie et les syndicats d'infirmiers libéraux, entré en vigueur en avril 2009. Ainsi les infirmières reçoivent une aide financière à l'équipement, et une prise en charge des cotisations dues au titre des allocations familiales. En contrepartie, elles s'engagent à consacrer deux tiers de son activité aux patients résidant dans une zone sous-dotée.

Cette mesure visait à enrayer la mauvaise répartition des infirmières sur le territoire. Plus encore que les médecins, les infirmières libérales sont très mal réparties sur le territoire français. Leur densité varie de un à neuf selon les départements (de un à deux pour les médecins). Selon l'AFP, "les zones très sous-dotées ont une densité moyenne de 85 infirmières pour 100 000 habitants alors que les zones les mieux dotées bénéficient en moyenne de 192 infirmières pour 100 000 habitants". Loin derrière la moyenne, le département de la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne ne bénéficient que de 40 à 60 infirmières pour 100 000 habitants.

Aujourd'hui l'équilibre semble se redessiner. Et les projections dans le futur sont bonnes. Le nombre d'infirmières libérales augmenterait de 8 % par an entre 2012 et 2015 dans les zones sous-dotées tandis qu'il diminuerait de 2,8 % par an dans les zones sur-dotées sur la même période.

Après les infirmières, les sages-femmes, les kinés…

Moralité : la lutte contre les déserts médicaux porterait ainsi ses fruits.

L'Assurance maladie compte d'ailleurs élargir ce modèle à d'autres territoires de France. Au mois de septembre, le nombre de zones dans lequel ce dispositif est actif sera doublé.

Ces aides "marchent dans les professions où il y a de fortes disparités mais nous voulons déployer ces outils sur la quasi-totalité des professions", a déclaré Frédéric Van Roekeghem, directeur général de l'Assurance maladie.

Ainsi, d'autres professions vont bénéficier des mêmes aides incitatives, telles que les masseurs-kinésithérapeutes, et les sages-femmes. Des négociations sont en cours avec la profession des orthophonistes, et les syndicats de dentistes. Selon des projections de l'Assurance maladie, ce dispositif devrait permettre de réduire "significativement" les disparités démographiques d'ici 2015.

 

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