Des nanoparticules pour faire barrage aux métastases

Des chercheurs new-yorkais viennent d'expérimenter une technique innovante pour intercepter les cellules tumorales en circulation dans l'organisme. Leurs travaux ont été publiés dans la dernière édition des Proceedings of the National Academy of Science.

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Des nanoparticules pour faire barrage aux métastases
Des nanoparticules pour faire barrage aux métastases

Plus de 90% des décès liés à une tumeur cancéreuse sont dus à la propagation des cellules cancéreuses dans l'organisme - ce que l'on nomme les métastases.

Des chercheurs new-yorkais viennent d'expérimenter in vivo, chez la souris, et in vitro, sur des échantillons sanguins humains, une technique innovante pour intercepter - et détruire - ces métastases avant qu'elles ne migrent vers les organes.

De récentes recherches ont démontré que certaines protéines spécifiques à la surface de ces cellules circulantes favorisent leur fixation sur les parois des vaisseaux sanguins, à partir desquelles elles peuvent aisément envahir les organes proches.

Les scientifiques ont créé en laboratoire des particules microscopiques combinant des récepteurs sensibles aux protéines de surface des cellules circulantes et un facteur chimique connu pour provoquer la mort des cellules tumorales en contact.

Les nanoparticules lâchées dans le flux sanguin interceptent les cellules cancéreuses de passage, et les mettent à mort.

Les chercheurs ont en somme créé un équivalent artificiel de certains globules blancs, les impitoyables "lymphocytes NK", spécialistes de l'interception des cellules circulantes (1).

L'efficacité de la méthode a surpris les auteurs eux-mêmes : les souris malades traitées par ces nanoparticules ont vu leur taux de cellules tumorales circulantes passer de 130.000 par millilitre de sang à moins de 2.000... en moins de deux heures. Des résultats similaires ont été obtenus sur les échantillons sanguins traités in vitro.

Les données actuellement disponibles ne démontrent pas d'effets toxiques de ces particules sur l'organisme des souris.

Les auteurs de l'article soulignent toutefois que de très nombreuses expérimentations doivent encore être réalisées avant que cette découverte puisse profiter à l'homme.

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(1) Les initiales NK signifient "natural killer" (tueur naturel). Les auteurs de l'article s'amusent de fait à décrire leur production comme celles d'un "unnatural killer cells" (tueur artificiel de cellules).

 

Source : TRAIL-coated leukocytes that kill cancer cells in the circulation. M.J. Mitchell, M.R. King et coll. PNAS 2014. doi: 10.1073/pnas.1316312111