Des chauves-souris à l'origine du MERS-CoV

Le coronavirus responsable du Syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), apparu en Arabie Saoudite, a été détecté sur des chauves-souris, ont indiqué les autorités sanitaires aux Etats-Unis. L'un de ces mammifères, trouvé non loin du lieu de résidence de la première victime connue du MERS, portait en effet un virus génétiquement identique.

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Des chauves-souris à l'origine du MERS-CoV
Des chauves-souris à l'origine du MERS-CoV

Les virologues américains et saoudiens ont précisé que ce coronavirus présent chez les chauves-souris est génétiquement 100% identique à celui qui infecte les humains.

Cette découverte, faite notamment par des chercheurs du Centre des infections et de l'immunité (CII) de l'Université Columbia (New York, nord-est), identifie pour la première fois un réservoir animal pour ce coronavirus.

Coronavirus génétiquement identique

Les résultats de ces travaux sont parus en ligne, le 21 août 2013, dans la revue Emerging Infectious Diseases, publiée par les Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

"Il y déjà eu plusieurs annonces de découvertes de virus ressemblant au MERS chez des animaux, mais aucun ne correspondait exactement génétiquement comme cela est le cas avec le pathogène trouvé dans une chauve-souris", explique Ian Lipkin, directeur du CII et un des co-auteurs de l'étude. "De plus, la chauve-souris porteuse de ce virus se trouvait près de l'endroit, à quelques kilomètres, où a été observé le premier cas d'infection humaine", en septembre 2012 en Arabie Saoudite, souligne-t-il.

Jusqu'alors, l'origine de ce nouveau coronavirus, qui se transmet difficilement entre humains, était inconnue. La plupart des cas - 70 sur 96 - ont été enregistrés en Arabie saoudite où se trouve le foyer infectieux.

Ces chercheurs ont fait plus de mille prélèvements sur sept espèces de chauves-souris dans des régions d'Arabie Saoudite où les cas de MERS ont été identifiés.

Après de nombreuses analyses, un échantillon fécal provenant d'une chauve-souris dite "des tombes égyptiennes" trouvé à proximité de la résidence de la première victime connue du MERS, contenait un coronavirus dont l'ADN était identique à celui des pathogènes chez les personnes infectées.

Un vecteur intermédiaire ?

Mais "il n'y a aucune indication d'un contact direct entre des chauves-souris et la plupart des cas de MERS humains", relève le Dr Ziad Memish, ministre adjoint saoudien de la Santé et co-auteur de l'étude. "Vu que la transmission entre humains est très difficile, nous pensons qu'il pourrait y avoir un vecteur intermédiaire pour transmettre le coronavirus aux personnes", ajoute-t-il.

Les chauves-souris sont des réservoirs de virus provoquant plusieurs maladies chez l'homme comme la rage et le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

Dans certains cas, l'infection peut se propager par contact direct entre des chauves-souris et des humains, inhalation accidentelle d'aérosols infectés, ingestion de nourriture contaminée, ou moins souvent par une morsure, expliquent ces chercheurs. Les chauves-souris peuvent aussi infecter des animaux domestiques qui à leur tour infectent les humains, ce qui pourrait bien être la cas avec le virus MERS, selon eux.

"Nous continuons à rechercher des indices de la présence du virus chez d'autres animaux sauvages et domestiques et recherchons les mécanismes par lesquels cet agent pathogène provoque le MERS chez les humains", précise le Dr Lipkin.

Dans les prochains jours, ces chercheurs présenteront les résultats de leur recherche sur la présence possible du coronavirus du MERS dans des chameaux, des moutons, des chèvres et d'autres animaux.

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