Dénutrition hospitalière : une cause majeure de décès

L'hospitalisation de longue durée conduit fréquemment le malade à un état de dénutrition (inadéquation entre les besoins de l'organisme et les apports protéiques et/ou énergétiques). L'Académie de pharmacie, réunie ce 18 mars autour de ce sujet, déplorait que la problématique soit "peu médiatisée", alors même que ses conséquences médicales et économiques "sont majeures".

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Dénutrition hospitalière : une cause majeure de décès

Les chiffres rappelés ce 18 mars par l'Académie de pharmacie sont particulièrement inquiétants : chez les personnes âgées hospitalisées en long séjour (SSR), la prévalence de la dénutrition est de 65% ; chez les malades atteints de cancer, elle est en moyenne de 50% (de 67% dans le cancer du pancréas, à moins de 10% dans celui du sein). La dénutrition est également très présente (40 à 50%) chez les insuffisants respiratoires, en hépato-gastroentérologie, en réanimation et à la suite d'une chirurgie lourde.

D'un point de vue clinique, on considère qu'il y a dénutrition dès lors qu'il existe une perte de poids non voulue soit de 10% en 6 mois, soit de 5 % sur un mois, et que celle-ci entraîne une perte de fonctions, en particulier musculaire.

Il existe plusieurs états de dénutrition. Lorsque les apports nutritionnels sont insuffisants, l'organisme puise dans ses réserves énergétiques, tout en réduisant la synthèse de nouvelles molécules. Ce processus vise "simplement la survie", explique le Pr de Bandt (APHP). En revanche, dès lors que l'organisme est agressé, ses besoins augmentent, celui-ci mettant "tous les moyens nécessaires" à sa défense, tandis que certaines molécules sécrétées durant ces phases d'agression accroissent les symptômes de la dénutrition.

Or, les conséquences médicales d'une telle situation sont "majeures", rappelle l'institution.

"Un malade dénutri a quatre fois plus de risques de faire une complication infectieuse qu'un malade normo-nutri, toutes choses 
étant égales par ailleurs", a rappelé le Pr Cynober, chef de service à l'Hôpital Cochin (APHP).

"10 à 20% des malades atteints de cancer meurent des conséquences de leur dénutrition, pas de leur cancer", a-t-il poursuivi, expliquant que celle ci diminuait la tolérance à la chimiothérapie.

Enfin, chez l'enfant, la dénutrition a un effet très net sur la courbe de croissance.

Les conséquences sont également économiques : la dénutrition "majore le coût d'une hospitalisation de plus de 1.000 euros". 
Diagnostiquer la dénutrition et la traiter (ou encore mieux, la prévenir) est donc un véritable enjeu de santé publique."

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