Ch@t : L'infertilité féminine

Ch@t du 25 novembre 2010 : Avec les réponses des docteurs Juliette Guibert et Ludovic Moy, gynécologues.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

Rédigé le , mis à jour le

Les réponses du Dr Juliette Guibert, gynécologue

Oui, soit parce que l'infertilité existait déjà avant mais que la première grossesse est arrivée "par chance" (l'infertilité n'est pas forcément totale), soit parce-qu'une pathologie est survenue entretemps.

Elles sont multiples : troubles hormonaux, problèmes de poids (obésité ou simple surpoids ou au contraire, maigreur excessive ou anorexie), cause héréditaire, médicaments, toxiques notamment tabac ou drogues.

La prise de pilule n'augmente pas le risque d'infertilité mais elle permet de retarder le moment de la première grossesse et, l'âge avançant, la fertilité diminue. Le meilleur moment pour avoir une grossesse est bien sûr lorsque le couple s'y sent prêt mais le plus tôt est le mieux car l'âge qui avance diminue la fertilité.

Cela dépend totalement du bilan d'infertilité qui sera réalisé et du traitement qui sera décidé. Des stimulations simples peuvent démarrer dès le cycle qui suit le bilan, alors que si une FIV (fécondation in vitro) est nécessaire cela peut être plus long à programmer.

Ce n'est pas une question bête du tout parce que ça semblerait assez logique. Mais en fait, non, car le stock d'ovules disparaît à la même vitesse sous pilule malgré l'absence d'ovulation.

Oui, il y a des causes héréditaires : ménopauses précoces, troubles de l'ovulation, problèmes hormonaux, problèmes génétiques. Mais ce n'est pas la majorité des cas.

Pour que les inséminations aient des chances de succès il faut qu'il y ait au moins 1 à 2 millions de spermatozoïdes mobiles après le test de sélection. Sinon le recours à la FIV et même le plus souvent à l'ICSI (injection de spermatozoïde dans le cytoplasme) est le plus souvent nécessaire.

Il n'y a rien à faire de particulier, si les embryons doivent s'implanter ils s'implanteront. Le repos n'a pas d'effet favorable (ni défavorable !) donc on peut reprendre les activités habituelles après le transfert.

Le don d'ovocytes marche très bien puisqu'on utilise les ovules de femmes normalement fertiles (qui ont eu des enfants) et jeunes. Il y a environ 30 à 40% de chances par essai. Il faut consulter suffisamment tôt car la liste d'attente est longue mais bien sûr il faut que le couple soit déjà prêt au projet d'enfant.

Le traitement par clomifène est inefficace s'il ne permet pas d'obtenir d'ovulation au bout de quelques cycles d'essai avec des doses différentes ou s'il ne permet pas d'obtenir de grossesse au bout de 4 à 6 cycles avec ovulation.

On ne peut pas évaluer les chances sans un bilan complet du couple : trompes, sperme, ovulation, etc. Les ovaires polykystiques en soi ne sont pas une cause d'infertilité mais ils peuvent donner des troubles de l'ovulation.

Si la thyroïde ne fonctionne pas bien, il peut y avoir plus de fausses-couches donc le Lévothyroxine sodique permet de pallier ce problème.

Les symptômes sont difficiles à interpréter car les signes de grossesse peuvent être proches des signes de l'arrivée des règles. Le meilleur moyen de savoir est d'attendre les règles et de faire un test de grossesse si elles ne viennent pas 14 jours après l'insémination.

Non, seuls certains centres sont équipés pour le faire car le recours à la MIV est rarement nécessaire.

Avoir de nombreux follicules est très fréquent chez les jeunes filles, cela ne donne pas forcément des problèmes d'ovulation et des difficultés pour être enceinte. Il faut essayer d'abord et consulter en cas d'infertilité.

Je pense qu'il faudrait consulter.

La fragmentation est un constat mais elle ne signifie rien en particulier. Il faut en discuter avec l'équipe qui vous suit.

Les techniques d'aide médicale à la procréation ne sont pas nécessaires en cas de problème d'érection s'il n'y a pas d'infertilité associée. Les traitements des troubles de l'érection permettent soit d'avoir des rapports soit de recueillir le sperme et de procéder à une insémination "à la maison" en repérant la période d'ovulation. Demandez conseil à votre gynécologue.

Rien à faire de particulier à part de mener une vie saine (pas de tabac ni alcool, faire de l'exercice régulièrement) et avoir une alimentation équilibrée.

L'avortement peut dans de rares cas se compliquer ensuite de problèmes d'utérus ou de trompes qui peuvent réduire la fécondité mais ce n'est pas fréquent et si l'ivg (interruption volontaire de grossesse) s'est bien passée, il ne faut pas vous inquiéter.

Non mais c'est du bonus pour une même ponction! Quatre tentatives de FIV sont remboursées donc s'il y a des tec (transfert d'embryons congelés) en plus, cela fait des chances en plus. Les tec donnent en moyenne 15 à 20% de chances de succès (25% en FIV).

Les problèmes d'ovulation peuvent s'améliorer avec le temps car il s'agit souvent chez les très jeunes femmes d'une immaturité hormonale. Si les cycles sont réguliers, c'est plutôt bon signe.

Il n'y a pas de "temps réglementaire". Cela dépend de la stimulation que vous avez eue et des habitudes du centre dans lequel vous êtes suivie.

Devant des cycles très irréguliers, le plus probable est que l'ovulation soit assez rare. Quelques courbes de température peuvent permettre de voir s'il y a ovulation de temps en temps mais il ne faut pas le faire trop longtemps car cela devient vite très contraignant et obsédant ! Il vaut mieux consulter.

Il n'y a pas de dérogation possible car la sécurité sociale ne rembourse "que" 4 tentatives (c'est déjà pas mal, dans la plupart des pays du monde, la FIV n'est pas remboursée!). Mais l'équipe de FIV peut proposer une 5ème tentative si elle juge qu'elle a des chances de succès. Malheureusement, la plupart du temps après 4 échecs on ne sait pas quoi faire de plus pour que la FIV puisse fonctionner et c'est pourquoi il faut songer à arrêter, les traitements ne sont pas anodins et il ne faut pas persister dans une voie qui ne réussit pas.

La transposition ovarienne permet d'épargner les ovaires des conséquences de la radiothérapie mais la fertilité n'est pas strictement normale après. Au bout d'1 an et demi, 2 ans sans grossesse, il est sans doute utile de consulter.

En principe les spondylopathies n'ont pas de retentissement sur la fertilité mais on ne sait pas tout!

Un principe : ne pas prendre de médicament sans savoir pourquoi. La progestérone peut être utile dans certains cas mais il faut que votre médecin vous dise pourquoi elle vous le donne !

Tous les centres de PMA (procréation médicale assistée) font à peu près les mêmes techniques (à part des choses très spécifiques pour lesquelles on vous adresse ailleurs). Après 4 IAC et 1 FIV, on ne peut pas dire que vous n'avancez pas, même s'il n'y a pas encore de résultat positif ! Le succès vient souvent de la répétition et le fait de changer de centre retarde souvent plus qu'il ne fait avancer... Sauf en cas de difficultés relationnelles !

Quand le cycle est très irrégulier il vaut mieux consulter car c'est souvent le signe d'un trouble d'ovulation .

Si les hormones thyroïdiennes sont bien équilibrées par le traitement, il n'y a pas de raison qu'une grossesse soit difficile à obtenir.

A 42 ans, la fertilité devient très faible. Une grossesse peut arriver naturellement mais les traitements PMA ne sont pas indiqués car ils ne permettent pas de compenser l'infertilité liée à l'âge.

Au bout d'un an et demi, deux ans (selon l'âge de la femme), il est utile de consulter pour voir si les techniques de PMA permettraient d'obtenir une grossesse.

Il faut être majeure (18 ans), être en couple depuis au moins 2 ans ou être marié, et qu'il y ait une bonne raison de recourir à la FIV.

Il n'est pas prouvé que l'acupuncture améliore les chances de succès de la FIV mais cela peut contribuer à être dans un meilleur environnement et à mieux supporter les traitements.

 

Les réponses du Dr Ludovic Moy, gynécologue

Une succession de cinq fausses couches justifie un bilan assez large. Une cause n'est malheureusement pas toujours retrouvée. Contactez néanmoins votre médecin.

Il n'y a pas de véritables symptômes externes mais l'absence de règles, des règles très douloureuses ou des antécédents chirurgicaux par exemple (péritonites...) doivent "mettre la puce à l'oreille" et orienter rapidement le médecin consulté.

L'endométriose est souvent impliquée dans l'infertilité, mais on peut la trouver à des degrés divers (on en décrit quatre stades) et elle est régulièrement curable. Il faut aussi savoir chercher ailleurs et ne pas se contenter de cette explication.

Un dysfonctionnement de la thyroïde peut en effet être facteur d'infertilité. L'exploration de la thyroïde doit faire partie du bilan initial devant une infertilité.

On conseille d'avoir un rapport sexuel dans les heures qui suivent une insémination. Le sperme dans le vagin apporte des substances qui sont éliminées lors de la préparation du sperme pour l'IAC. Cela apporte également du réconfort et augmente les chances de grossesse.

Ce choix est liés à de nombreux éléments du bilan réalisé devant une infertilité : la qualité des trompes, la qualité du sperme, l'explication ou non de l'infertilité, l'âge de la patiente, les tentatives précédentes...

A 20 ans, au bout d'une année... avec des rapports sexuels fréquents, il me semble justifier de se poser au moins la question de cette absence de grossesse. cela ne veut pas dire qu'il faut mettre en place un traitement, mais une consultation spécialisée avec un interrogatoire ciblé doivent être envisagés.

Pas vraiment, et c'est la question que se pose depuis longtemps les FIVISTES car c'est un des obstacles que nous n'avons pas vraiment résolu.

Le Dydrogestérone pris de façon incorrecte peut avoir un effet néfaste sur l'ovulation.

Non, les ovaires ne "vieillissent" pas prématurément parce qu'on les stimule. La douleur de la ponction de FIV est très variable d'une femme à une autre en particulier à cause des antécédents qu'elle présente (l'endométriose par exemple entraine souvent plus de douleur). Le mode d'anesthésie est variable d'un centre à l'autre : anesthésie locale majoritaire dans certains centres, anesthésie générale obligatoire dans d'autres.

L'un des deux fait une erreur probablement, ou bien il s'agit d'une mauvaise interprétation. Si vous avez des règles spontanément, vois devez certainement avoir au moins un ovaire...

L'utilisation de la metformine dans les OPK est très débattu mais elle est utilisée et permet, dans un certain nombre de cas, de favoriser une ovulation spontanée.

L'insémination elle-même ne doit pas entrainer de douleurs. Les douleurs peuvent être dû à la stimulation ovarienne qui la précède en général. Des douleurs apparaissent également plusieurs semaines après, dans es heures qui précèdent l'accouchement...

Une chance, oui car votre médecin ne vous proposerait pas la ponction dans le cas contraire, mais cela dépend surtout du protocole de stimulation que vous avez suivi.

Oui. Cela peut être une explication.

Oui, une ovulation spontanée tous les 70 jours peut "fournir" un ovocyte de bonne qualité. La différence avec les autres femmes c'est que vous n'avez que 5 chances par an de débuter une grossesse.

L'IVG "bien conduite" n'est pas une cause d'infertilité. La conisation peut être une cause d'infertilité si elle a été large ou si la cicatrisation ne s'est pas faite correctement. En principe, un kyste qui dure plus de trois mois n'est pas un kyste fonctionnel...

En règle général non, car cela concerne de très nombreuses femmes (plus de 10% de la population). Mais si une grossesse tarde, il faut vérifier que cette rétroversion ne soit pas dû à une pathologie type endométriose.

Chez l'homme et chez la femme, le tabac diminue les chances de procréer.

Oui, le drilling rend théoriquement la stimulation plus facile. C'est pour cela qu'on le pratique.

Comme s'il était antéversé, à la condition que le médecin qui va transférer l'embryon soit au courant de la rétroversion.

Oui.

Non.

Oui, statistiquement, les chances de grossesse en FIV sont plus importantes chez les femmes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants.

En règle générale, on préconise la chirurgie en première intention.

Le risque de débuter une grossesse.

Non, mais revoyez votre mode de contraception.

D'abord un interrogatoire précis et un examen clinique (féminin et éventuellement masculin), puis échographie, hystérosalpingographie, spermogramme, bilan hormonal... en fonction du contexte.

Il est parfois nécessaire de retirer une trompe obstruée avant de réaliser une FIV. S'il existe un hydrosalpinx, la FIV ne fonctionnera pas.

S'il y a surpoids, il faut maigrir et augmenter l'activité physique, ensuite le clomifène est en général le médicament de première intention avant l'utilisation des injections de FSH si échecs.

Non.

Les fibromes, suivant leur taille et leur localisation, peuvent altérer la fertilité. Mais de nombreuses femmes sont enceintes avec un fibrome.

Oui, dans une certaine mesure, difficile à évaluer.

Oui, pourquoi pas ? Il faut si vous avez plus de 43 ans.

On n'a aucun moyen de les compter. On peut juste donner une estimation de vos possibilité de grossesse en mesurant la FSH, l'AMH, en réalisant un comptage des follicules en début de cycle et en regardant votre année de naissance...

Oui, les chances d'implantation d'un blastocyste sont nettement supérieures à celle d'un embryon de deux jours.

Non, aucune.

Ne pas attendre 38 ans pour réellement être prise en charge.

 

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Quand un bébé tarde à venir, on se pose forcément la question de l'infertilité. Le système reproducteur féminin étant une machine complexe, les dysfonctionnements peuvent être d'origines variées : des ovaires capricieux, des trompes obstruées, une glaire cervicale inefficace, une muqueuse utérine anormale, un utérus inhospitalier, des MST passées inaperçues, un mode de vie qui n'est pas sain... Toutes ces épreuves peuvent contrarier l'arrivée d'un bébé.

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