Cent médecins défendent la cigarette électronique

Par crainte d'effets négatifs sur la santé, les médecins rechigneraient à promouvoir la cigarette électronique auprès de patients qui souhaitent arrêter le tabac. Dans un appel diffusé le 15 novembre 2013 dans Le Parisien, cent médecins de tous horizons souhaitent tordre le cou "[aux] idées fausses [qui] se font jour" autour de ces dispositifs, en y opposant un simple constat : tout ce qui peut permettre de s'éloigner du tabac apporte un bénéfice en terme de santé publique.

Florian Gouthière
Rédigé le
Cent médecins défendent la cigarette électronique

Selon les signataires de l’appel diffusé dans le Parisien, "alors que [le] potentiel [de la cigarette électronique] en terme de santé publique est réel", "des idées fausses se font jour qui [en] limitent la diffusion" par les médecins.

Tout d’abord, quels que soient les soupçons sur d’éventuels dégagement de composés dangereux par les e-cigarettes, ceux-ci seraient toujours moins dangereux que les produits issus de la combustion du tabac. "Les caractéristiques [de ces appareils] doivent toujours être comparées à celles de la cigarette conventionnelle", insistent ces médecins. "[Et] s’il persiste des doutes et des débats sur la parfaite innocuité à long terme de certains de ses composants, ils doivent être confrontés à la certitude absolue de la dangerosité du tabac."

Les cent médecins appuient leur argumentation sur un constat : "les principaux poisons produits par la combustion du tabac et contenus dans sa fumée sont le monoxyde de carbone (responsable d'infarctus du myocarde et d'attaques cérébrales), les goudrons cancérigènes, et les particules fines aboutissant à des bronchites chroniques obstructives. Les dangers des cigarettes électroniques sont infiniment moindres que ceux du tabac, dès lors que leur vapeur ne contient [aucun de ces composés].

"Par ce texte, nous avons voulu montrer que tous les médecins, quel que soit leur spécialité, étaient concernés par ce débat," nous explique le tabacologue Philippe Presles, à l’initiative de l’appel. "En effet, le tabac a un impact sur toutes les formes de pathologies. Par exemple, les interventions de chirurgie cardiaque, ou même de chirurgie orthopédique, sont beaucoup plus difficiles chez les patients fumeurs."

De nombreux addictologues (que cette spécialité soit principale ou secondaire à leur pratique médicale) ont par ailleurs rejoint l’initiative, "[l’e-cigarette restant] moins addictive que la cigarette conventionnelle". Surtout, le problème prioritaire est bien l’addiction à un produit dangereux : "c’est la combustion du tabac qui est dangereuse pour la santé des fumeurs, pas la nicotine." Souligne le texte. "Il est ainsi bien établi que les substituts nicotiniques ne sont pas dangereux pour la santé des fumeurs désireux de quitter le tabac. Il en est de même pour la nicotine contenue dans les e-cigarettes."

Pour toutes ces raisons, ces cent médecins soutiennent que "la cigarette électronique peut être conseillée à tout fumeur désireux d'arrêter de fumer". Ils observent que le dispositif "peut tout à fait faire l'objet d'une association avec des patchs, voire avec d’autres traitements du sevrage tabagique", si son seul usage s'avère insuffisant pour lui permettre d'atteindre ses objectifs.

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