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Grenelle contre les violences conjugales : les premières pistes de lutte révélées

Parmi ces propositions : une évolution du secret médical pour permettre aux professionnels de santé de signaler plus facilement une situation de violence.

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Grenelle contre les violences conjugales : les premières pistes de lutte révélées
Grenelle contre les violences conjugales : les premières pistes de lutte révélées

Faciliter les signalements par les professionnels de santé, mieux former les forces de l'ordre, améliorer la prise en charge psychologique… les 11 groupes de travail du Grenelle contre les violences conjugales présentent le 29 octobre leurs premières propositions après deux mois de réflexion. Un rapport dont le gouvernement a promis qu'il allait s'"inspirer".

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Faire évoluer le secret médical

Dans un entretien à La Croix paru ce même jour, la secrétaire d'État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa fait part de son intérêt pour plusieurs des mesures évoquées dans ce rapport d'étape.
Parmi les sujets qu'elle retient : "l'évolution du secret médical", qui pourrait permettre aux professionnels de santé de signaler plus facilement une situation de violence, même sans l'accord de la victime. "Certains professionnels réclament un secret médical partagé par exemple entre les urgentistes, les avocats et la police pour mieux protéger les femmes", confie-t-elle dans le journal La Croix.

Condamner légalement les "suicides forcés"

Autre point retenu par la secrétaire d’Etat : les violences psychologiques, qu’elle souhaite voir "mieux spécifiées dans la loi qui n'est pas assez claire". Elle évoque notamment le cas des "suicides forcés" : "Je pense au cas où un homme violent a forcé son ex-conjointe à sauter par la fenêtre. N'a-t-il aucune responsabilité ?" s’interroge-t-elle dans les colonnes de La Croix.

"Nous travaillons également à mieux rembourser la prise en charge psychologique, encore trop coûteuse", ajoute-t-elle, rappelant que "certaines femmes n’ont pas les moyens de suivre une thérapie et doivent vivre avec leur traumatisme".

Mettre en place un "protocole clair"

Plus globalement, les auteurs du rapport appellent par ailleurs à l'instauration d'un "protocole clair" avec une "méthodologie précise" pour les policiers et gendarmes amenés à accueillir des victimes de violences conjugales. "Aucune victime ne doit plus repartir sans connaître ses droits et savoir où trouver du soutien", affirme la secrétaire d'État dans le journal.

Ouvrir 24h/24 le numéro 3919

Les experts insistent également sur la possibilité de "réquisitionner les armes à feu dès la première plainte", armes qui constituent "le premier mode opératoire, devant les coups", dans les féminicides selon Marlène Schiappa.

Le rapport du Grenelle appelle aussi à "redéfinir la procédure et les critères d'indemnisation des victimes" et à rendre accessible 24h/24 le numéro d'appel 3919, dédié aux violences conjugales, ce qui serait particulièrement utile pour les femmes résidant dans les DOM, actuellement gênées par le décalage horaire.

Favoriser la mobilité professionnelle

Le monde du travail a aussi un rôle à jouer dans l'accompagnement des femmes victimes, estiment les acteurs de la concertation, qui soulignent la nécessité de "favoriser la mobilité professionnelle" des victimes, mais aussi de mettre à leur disposition "un moyen dématérialisé de conserver leurs bulletins de paie (...) pour éviter toute rétention du conjoint violent". Marlène Schiappa précise : "Je rencontre aussi dans les prochaines semaines le président du Medef, afin de travailler au rôle des entreprises : l’une des propositions porte sur la mise en place de congés exceptionnels afin de permettre aux victimes de faire leurs démarches."

Déjà 125 féminicides par compagnon ou ex-compagnon en 2019

La conclusion du Grenelle aura lieu le 25 novembre, à l'occasion de la journée pour l'élimination des violences faites aux femmes, après la remise également des conclusions des "Grenelle locaux" le 5 novembre.

Tous les trois jours, une femme est tuée par son compagnon ou ex-compagnon, et chaque année près de 270.000 femmes sont victimes de violences. Au 29 octobre, depuis le début de l'année 2019, 125 féminicides ont eu lieu en France, selon le collectif féministe #NousToutes, soit plus que durant toute l'année 2018 qui en comptait 121.       

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