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Une patiente meurt devant les urgences, le Samu avait refusé de se déplacer

La patiente, en proie à des douleurs après une opération, a été conduite à l’hôpital par un proche. Après un malaise dans la voiture, elle n'a pas pu être réanimée.

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Une patiente meurt devant les urgences, le Samu avait refusé de se déplacer
C’est une proche de Maryse Rabah-Otmani qui se charge de l’emmener aux urgences de l’hôpital de Lunéville

14 mars, 7 heures du matin. Maryse Rabah-Otmani, 56 ans, va se faire enlever la vésicule biliaire à la clinique Jeanne-d’Arc de Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Tout se passe bien, d’après l’équipe soignante, et la patiente rentre chez elle dans la journée. Mais la quinquagénaire se sent très vite à bout de forces et nauséeuse, rapporte L’Est républicain.

Le lendemain, les douleurs s’accentuent, et la mère de famille se décide à avertir la clinique Jeanne-d’Arc, qui lui prescrit un fort antidouleur. Toutefois, celui-ci ne fait pas effet. Pire : les douleurs sont encore plus fortes. Deux jours plus tard, les proches de Maryse Rabah-Otmani contactent le 15. La famille demande à l’opératrice de conduire la malade aux urgences, mais le Samu estime que cela n’est pas nécessaire.

Elle perd connaissance et ne se réveillera pas

C’est donc une proche de Maryse Rabah-Otmani qui se charge de l’emmener aux urgences de l’hôpital de Lunéville. L’établissement est à 30 minutes en voiture du domicile de la patiente. Pendant le trajet, elle perd connaissance. On ne sait pas, pour le moment, si Maryse Rabah-Otmani est décédée à cet instant précis. Une fois arrivée devant le sas des urgences, la conductrice confie la patiente aux pompiers et aux médecins, qui lui font un massage cardiaque. Mais la patiente ne se réveillera jamais. La famille de Maryse Rabah-Otmani a depuis porté plainte contre X. Une enquête pour homicide involontaire a été transmise à la police judiciaire de Nancy.

L’absence de prise en charge de Maryse Rabah-Otmani rappelle le traitement réservé à Naomi Musenga, décédée en décembre 2018. La jeune fille, victime de graves maux de ventre et constatant des saignements, avait appelé le 15. Au standard, elle avait expliqué qu’elle "allait mourir", mais l’opératrice des pompiers ne l’avait pas prise au sérieux, et lui avait conseillé de contacter elle-même SOS Médecins. Naomi avait joint les urgences cinq heures plus tard, mais était décédée au CHU de Strasbourg, victime d’un infarctus et d’une "défaillance multiviscérale sur choc hémorragique".

Quelques mois après le décès de Naomi Musenga, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait évoqué "une dizaine d'affaires" comparables, un chiffre qu’elle qualifiait de "sous-estimé".

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