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Découverte d'anticorps humains capables de bloquer le coronavirus

Des chercheurs américains ont identifié des anticorps humains efficaces contre le coronavirus (MERS-Cov), ouvrant la voie à des traitements potentiels contre cette maladie infectieuse souvent mortelle.

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Découverte d'anticorps humains capables de bloquer le coronavirus
Découverte d'anticorps humains capables de bloquer le coronavirus

Il n'existe pour l'instant aucun vaccin ou antiviral contre le Mers, une infection aiguë des voies respiratoires avec un taux de mortalité dépassant 40%. Le Mers est apparu en Arabie saoudite en septembre 2012 et a causé depuis la mort de plus de 100 personnes, avec une accélération sérieuse ces dernières semaines (39 décès depuis le début du mois d'avril 2014). Les anticorps isolés par les chercheurs de l'Institut du cancer Dana-Farber à Boston (Massachusetts, nord-est), fondé en 1947, neutralisent une partie clé du virus lui permettant de s'attacher à des récepteurs pour infecter des cellules humaines, expliquent les chercheurs, dont le Dr Wayne Marasco. Leurs travaux paraissent jeudi 1er mai 2014, dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS) datés du 28 avril au 2 mai 2014.

Qu'est-ce qu'une "banque" d'anticorps humains ?

"Il s'agit d'une série d'anticorps qui repère les agents infectieux. Dans le cas présent, certains anticorps, passés en revue à l'aide d'un logiciel informatique, ont reconnu les propriétés du coronavirus MERS", explique Bruno Lina, virologue au CHU de Lyon.

Sept anticorps identifiés parmi 27 milliards d'anticorps humains

Ces virologues ont découvert ces anticorps dans une "banque" contenant 27 milliards d'anticorps humains conservés dans un congélateur à Dana-Farber, l'une des plus importantes au monde. Les anticorps sont des protéines produites par le système immunitaire capables de reconnaître des virus et des bactéries étrangers à l'organisme. Certains sont capables de neutraliser des agents pathogènes spécifiques et d'empêcher qu'ils infectent les cellules humaines.

Ces chercheurs ont trouvé sept anticorps spécifiques capables de bloquer le coronavirus. Ils en ont sélectionné un comme étant le plus prometteur pour des recherches supplémentaires et qui a été produit en quantité suffisante pour commencer à être testé chez des primates et des souris. Ces anticorps vont surtout offrir la possibilité de protéger le personnel hospitalier soignant les malades placés en isolation, notent les auteurs de l'étude.

Le mystère autour des origines du virus plane toujours

Le Dr. Marasco a précisé que ce traitement sera administré par injection et devrait permettre une protection contre le Mers pendant environ trois semaines.

Toutefois, ces recherches ont pris du retard en raison des difficultés à développer un modèle animal adéquat pour le Mers, a-t-il indiqué.

Les origines du coronavirus Mers restent mystérieuses. Il a été trouvé chez des dromadaires et des chauves-souris mais les virologues ne savent pas encore comment il se transmet chez les humains. Il est similaire au virus du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), qui a fait des centaines de morts en Chine en 2002 et 2003.

Ces travaux sur les anticorps ont été financés par la "Defense Advanced Research Projects Agency", l'agence de recherche du Pentagone et les Instituts nationaux américains de la santé (NIH).

Etude de référence : "Scientists identify antibodies against deadly emerging respiratory disease", Dana-Farber Cancer Institute, April 28, 2014.

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