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Androcur : une IRM exigée avant toute première prescription

Sans interdire l’usage de l’Androcur, L’Agence du médicament (ANSM) indique que les traitement doivent s’accompagner d’examens d’imagerie cérébrale.

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Androcur : une IRM exigée avant toute première prescription

Dans une lettre aux professionnels de santé, l’Agence du médicament (ANSM) s'est prononcée "pour le maintien de la commercialisation de l'acétate de cyprotérone" (Androcur), un médicament à l'origine de tumeurs cérébrales lorsqu'il est pris de façon prolongée et à hautes doses, "mais en renforçant l’encadrement et le suivi de ces traitements".

L’IRM avant de débuter le traitement et s'il doit être maintenu

L’ANSM a indiqué qu’une IRM du cerveau devait être faite avant de débuter tout traitement par Androcur ou ses génériques. Elle a aussi émis des recommandations à destination des professionnels pour les personnes qui prennent déjà le médicament. "On leur demande de prendre contact avec leurs patients sous Androcur ou ses génériques", a indiqué à l'AFP Jean-Michel Race, directeur des médicaments d'endocrinologie et de gynécologie à l'ANSM. Ceci afin de voir s'il convient de continuer le traitement et de prévoir un contrôle par un examen d'imagerie cérébrale avec l'IRM s'il est poursuivi. "L'IRM permet le dépistage précis d'un méningiome de petite taille", a-t-il expliqué.

En cas de découverte d'un méningiome, le traitement doit être arrêté définitivement. Il s'agit de tumeurs non cancéreuses dans la très grande majorité des cas et qui mettent un certain temps à se développer, explique le Dr Race, et "si on arrête le traitement, en général, ça régresse". En cas de poursuite du traitement (hommes ou femmes), l'IRM sera renouvelée cinq ans après son début, puis tous les deux ans, si cette IRM est normale.

Chez les patients ayant arrêté le traitement, il n'est en revanche pas nécessaire de réaliser une IRM cérébrale en l’absence de signe clinique.

Utiliser le médicament dans le cadre de son AMM, et le plus brièvement possible

En France, l'Androcur et de ses génériques sont officiellement indiqués chez la femme dans le traitement de certaines maladies hormonales qui se manifestent par une augmentation majeure du système pileux (hirsutisme) et chez l'homme pour certaines formes de cancer de la prostate. Il est également donné à des personnes transgenres afin de diminuer les hormones mâles. Son utilisation est à proscrire pour traiter des problèmes tels que l'acné, la peau grasse ou une pilosité modérée, souligne aussi l'ANSM dans ses recommandations. Ces cas ne correspondent en effet pas à son autorisation de mise sur le marché (AMM).

En outre, le médicament n'est "pas recommandé chez l'enfant" avant la fin de la puberté ni chez les femmes ménopausées, note l'agence.  

Ce traitement doit être administré aux doses minimales efficaces et "en limitant au maximum les traitements prolongés", souligne l'endocrinologue. Ainsi, "les utilisations prolongées et à fortes doses sont à proscrire".

Risque de méningiome multiplié par 7

L'Androcur est connu depuis plusieurs années pour augmenter le risque de méningiomes, une tumeur au cerveau le plus souvent bénigne. 

Mais une étude de l'ANSM et de l'Assurance maladie publiée fin août, et ne portant que sur des femmes, a quantifié ce risque pour la première fois: il est multiplié par 7 pour les patientes traitées par de fortes doses cumulées plus de 6 mois et par 20 après cinq années de traitement.

Pour "répondre aux interrogations" des patients traités par Androcur, l'Agence du médicament a mis en place en septembre un numéro vert (0 805 04 01 10)  accessible gratuitement du lundi au vendredi (9h à 19h).

 

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