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Psychiatrie : deux grévistes de la faim de l'hôpital du Rouvray hospitalisés

Depuis le 21 mai, sept agents de l'établissement sont en grève de la faim pour exiger des créations de postes. Deux d'entre eux dont Jean-Yves Herment, un des premiers grévistes, ont été admis aux urgences du CHU aujourd'hui. 

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Psychiatrie : deux grévistes de la faim de l'hôpital du Rouvray hospitalisés

Sept salariés d'un hôpital psychiatrique dans l'agglomération de Rouen observent une grève de la faim pour obtenir des postes supplémentaires. Parmi eux, Jean-Yves, un des premiers grévistes de la faim, a été « hospitalisé d'urgence » au CHU, ce lundi 4 juin 2018. Il est en grève de la faim depuis le 22 mai dernier pour dénoncer la dégradation des conditions de travail dans cet hôpital psychiatrique où il travaille depuis 17 ans. 

"on devient maltraitant avec les patients"

« L’hôpital déborde de partout. On installe des patients sur des lits de camps et des enfants de 13-14 ans dans des chambres avec des adultes. Dans mon service, on est sensés être quatre en poste l'après-midi ou le matin mais on n’est jamais 4, on est plutôt 3 voire 2. Tout ça, ça engendre de la maltraitance, on devient maltraitant avec les patients. Je suis obligé d’enfermer des gens parce que je peux pas m’occuper d’eux, je trouve ça scandaleux. », expliquait Jean-Luc Herment quelques jours avant son hospitalisation.

Enfermer des patients, ne plus pouvoir passer du temps avec eux lors d’activités ou de promenades, et recourir à l’administration abusive de médicaments, faute d’effectifs… En somme, ne plus avoir les moyens d’exercer ce métier humainement et la perte de sens, voilà ce que dénoncent les grévistes. « Je n’ai jamais vu autant d’arrêt maladie, d’accident de travail, de collègues qui viennent me voir, c’est pas des paroles en l’air ce que je vous dis, quotidiennement dans mon bureau, en pleurs, en pleurs, les gens ils n’en peuvent plus », ajoute le Dr Fethi Brétel, psychiatre de l'hôpital. 

Un mouvement social de plus de 2 mois 

Sollicitée, la direction de l’hôpital n’a souhaité faire "aucun commentaire sur les événements en cours". Le 24 mai, elle avait estimé qu'il n'y avait "plus de suroccupation dans l'établissement à la suite d'un ensemble d'actions mises en place le 15 avril".

La direction avait notamment annoncé l'embauche de cinq contractuels, un chiffre jugé "ridicule" par les syndicats. "La comparaison des ressources d'assurance maladie par habitant montre un positionnement du CH du Rouvray au-delà de la moyenne nationale et de la moyenne régionale", avait aussi affirmé la direction. Le nombre d'hospitalisations a augmenté de 8,4% entre 2014 et 2016, selon  les données du dernier rapport d'activité de l'établissement. Entre 2014 et 2016, les  effectifs en équivalent temps plein n'ont progressé que de 0,5%, passant de  1.941 à 1.951.