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Willem Kolff, l'inventeur de la dialyse

L'histoire de la dialyse débute à Kampen, aux Pays-Bas, en 1942. Cette technique a, depuis, sauvé des millions de personnes atteintes d'insuffisance rénale.

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Retour sur l'histoire de la dialyse

Quand les reins ne fonctionnent plus, ou mal, la dialyse évite que l'organisme ne s'empoisonne. Cette technique a sauvé des millions de personnes et grâce à elle, en France, 40.000 malades survivent. La dialyse est née à Kampen, aux Pays-Bas en 1942, grâce à l'imagination débordante d'un médecin bricoleur : le Dr Willem Johan Kolff.

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Dans un atelier improvisé, alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, un jeune homme passe ses nuits à fabriquer une mystérieuse machine. Cet homme s'appelle Willem Kolff. Il a 30 ans et est médecin.

Quelques années plus tôt, à l'hôpital universitaire de Groningen aux Pays-Bas, il est le témoin d'un drame auquel il n'était pas préparé. Les reins d'un de ses patients, Jan Bruning, 22 ans, ne fonctionnent plus et ne débarrassent plus le sang de ses toxines. Son corps s'empoisonne peu à peu. Willem Kolff assiste impuissant à cette épouvantable agonie.

L'obsession du Dr Kolff est alors de construire un rein artificiel, une machine pour remplacer l'organe défaillant et filtrer le sang à sa place. Mais en mai 1940, l'armée allemande envahit les Pays-Bas. Et en ces temps de pénuries, difficile de trouver du matériel. Willem Kolff doit alors improviser.

Le Dr Kolff veut bâtir une lessiveuse. Le sang du malade passerait dans un bain qui le débarrasserait de ses déchets. Mais pour cela, il faut un filtre. Willem Kolff trouve chez le boucher la membrane idéale : du boyau de saucisse. En octobre 1942, au bout de quatre années de labeur, la machine est prête. Le sang corrompu, entraîné par le tambour, circule dans des mètres de boyaux. À chaque passage dans l'eau du bac, il est peu à peu débarrassé de ses toxines.

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L'année suivante, Willem Kolff traite quinze patients en insuffisance rénale terminale. Mais c'est un désastre, les quinze patients meurent. Mais le médecin croit en sa machine. En 1945, une seizième patiente se présente, Sofia Maria Schafstadt, 67 ans. Elle est gravement malade, une infection a en effet atteint ses reins. Parce qu'elle est prise en charge plus précocement que les patients précédents, le traitement est cette fois une réussite. La patiente est sauvée. Le médecin bricoleur a enfin montré au monde entier qu'une machine pouvait remplacer les reins.

Dans les années 50, plusieurs hôpitaux américains et européens s'équipent du rein artificiel de Kolff, tout en le perfectionnant. En France, la dialyse permet aujourd'hui à plus de 40.000 malades de survivre. Willem Kolff, lui, est mort en 2009 à 98 ans, considéré comme le père du premier organe artificiel.

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