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Cancer de la prostate : l'hormonothérapie améliorerait les chances de survie lors d'une récidive

Selon une étude publiée ce 1er février, le traitement par hormonothérapie, associé à de la radiothérapie, augmente les chances de survie lors d'une récidive de cancer de la prostate après ablation de la prostate.    

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Cancer de la prostate : l'hormonothérapie améliorerait les chances de survie lors d'une récidive
Cancer de la prostate : l'hormonothérapie améliorerait les chances de survie lors d'une récidive

Après une prostatectomie (ablation de la prostate), plus de 30% des hommes ont une réapparition du cancer sous forme de métastases. Pour améliorer le traitement de ces malades, compléter la radiothérapie par une thérapie anti-androgène (qui limite la production d’hormones mâles par l’organisme) est-il efficace ?

Le PSA (antigène prostatique spécifique) est normalement présent dans le sérum des hommes à une faible concentration. Son augmentation est constatée en cas de cancer de la prostate, mais aussi dans certaines pathologies non cancéreuses comme les hypertrophies bénignes ou les prostatites (infection de la prostate). Un taux normal de PSA n'écarte pas la présence d'un cancer, selon l'ANSM.

Afin de répondre à cette question, une étude a été menée sur plusieurs centaines hommes atteints d'un cancer de la prostate, suivis durant douze ans dans 17 centres hospitaliers aux Etats-Unis et au Canada (en l’occurrence, 516 patients qui ont suivi les protocoles de traitements jusqu’au bout).

Les résultats de cet essai ont été publiés ce 1er février dans le New England Journal of Medicine. Sur 258 hommes traités avec une radiothérapie et une hormonothérapie, 108 sont décédés, dont 21 en lien direct avec le cancer de la prostate. Parmi les 258 individus traités sous radiothérapie (plus une hormonothérapie "placebo", c’est-à-dire factice), 131 sont décédés, dont 46 en lien avec le cancer de la prostate.

Le dosage du PSA à prendre en compte

L’extrapolation de ces résultats à l’ensemble de la population concernée est difficile concernant la mortalité globale (on peut avancer, avec 95% de certitude, que la première stratégie est "au moins 1% plus efficace" en terme de réduction de la mortalité que la seconde). Mais une analyse par sous-groupes permet d’affiner les conclusions : l’hormonothérapie de complément augmente significativement la survie des patients dont le dosage du PSA (voir encadré), au début du traitement, était supérieur à 0,7 ng/mL. En deçà de ce seuil, l’étude ne suggère pas que l’hormonothérapie présente un intérêt.

Concernant la mortalité en lien avec la survenue de métastases après prostatectomie, les bénéfices de l’hormonothérapie de complément apparaissent plus probants, avec un taux de mortalité extrapolé à la population générale inférieur d’au moins 13%. L’analyse par sous-groupe suggère, sans la confirmer, une efficacité chez les patients présentant un score de Gleason (niveau de gravité du cancer de la prostate) inférieur à 8 ; le bénéfice est en revanche très net chez ceux dont ce score est de 8, 9 ou 10 (baisse d’au moins 33% de la mortalité). Le bénéfice est également statistiquement significatif pour les patients dont le taux de PSA était, au début du traitement, supérieur à 1,5 ng/L.

"Notre étude clinique indique que des traitements hormonaux devraient être ajoutés aux soins des hommes atteints d'un cancer de la prostate qui ont besoin d'une radiothérapie après une prostatectomie", indique le Dr Howard Sandler, chef du service de radiologie cancéreuse à l'Institut du cancer du centre médical Cedars-Sinai, qui a mené cet essai clinique. "Nos résultats montrent que le fait de faire également de l'hormonothérapie peut ajouter des années de vie pour les malades", souligne-t-il.

Les futures études chercheront à déterminer si tous les patients atteints d'un cancer de la prostate bénéficient d'une hormonothérapie ainsi que la durée optimale de ce traitement. Elles examineront également le rôle d'hormonothérapies plus puissantes.

Ces thérapies peuvent avoir des effets secondaires néfastes comme une diminution de la libido, des dysfonctionnements érectiles, un gain de poids et une fonte musculaire.

la rédaction d’Allodocteurs.fr, avec AFP

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