Les hôpitaux infectés par la crise financière

Après les collectivités territoriales, plusieurs dizaines d’établissements seraient, à leur tour, en difficulté financière. En cause des prêts toxiques contractés, notamment, auprès de la banque franco-belge Dexia, aujourd’hui en cours de démantèlement.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Lyon, Saint-Etienne, Montluçon, Dijon... Des dizaines d'hôpitaux seraient aujourd'hui en difficultés financières après avoir contracté des prêts toxiques. Ces emprunts aux conditions alléchantes peuvent avoir de lourdes conséquences.

"Les hôpitaux empruntent habituellement aux banques pour leurs investissements et pour la gestion courante de l'établissement. Ces dernières années, les taux variables étaient plus intéressants que les taux fixes, certains hôpitaux ont donc contracté des prêts à taux variable", explique Yves Gaubert, responsable du pôle financier de la Fédération Hospitalière Française (FHF).

A la signature des emprunts, les taux, certes variables, étaient très bas, ouvrant aux contractants des perspectives en termes de réduction de charges et d'investissement. Mais avec la crise économique, plusieurs hôpitaux ont vu leur taux d'intérêt grimper en flèche, à tel point que certains courraient désormais un risque de faillite.

Pour les produits les plus toxiques : "la situation s'aggrave assez rapidement, les taux sont maintenant à 15 % et il est possible que ça continue de flamber", ajoute M. Gaubert.

Les petits établissements très touchés

"Il y a une grande hétérogénéité suivant les établissements" et pour certaines petites structure, le taux d'endettement toxique peut monter jusqu'à 70 % selon M. Gaubert. Les sommes concernées sont donc parfois très élevées. Ainsi, l'hôpital de Dijon devrait s'acquitter de 31 millions d'euros d'intérêts pour un emprunt toxique de 111 millions, selon une information du quotidien Libération.

Face à cette situation financière périlleuse, certains établissements attendent l'intervention des pouvoirs publics quand d'autres choisissent de renégocier leur prêt ou optent pour la voie judiciaire. C'est notamment la direction qu'a décidé de suivre l'hôpital psychiatrique de Sevrey en Saône-et-Loire.

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