Sages-femmes : "Il y a quand même des avancées, même si on reste sur notre faim."

Négociations abouties. Le gouvernement a annoncé lundi la signature d'un protocole d'accord avec une majorité de syndicats hospitaliers. Prime de salaire et revalorisation sont attendues à partir de 2022. Cet accord survient à la veille d’un nouveau « week-end noir » de grève des sages -femmes.

Dr Anne Sikorav
Rédigé le , mis à jour le
Sages-femmes : "Il y a quand même des avancées, même si on reste sur notre faim."

Après "un long travail de concertation », la négociation arrive enfin à son terme. Un accord vient d’être signé lundi soir entre O. Véran, ministre de la Santé, A. De Montchalin, ministre de la Fonction Publique, et A. Taquet, secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles, et trois syndicats (Force ouvrière (FO), la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) , ainsi que la Fédération hospitalière de France, côté employeurs. 

Au total, le gouvernement fait valoir "un engagement de 100 millions d'euros en 2022".  

Depuis plusieurs mois, les sages-femmes se mobilisent pour une meilleure reconnaissance de leur statut et une amélioration de leurs conditions de travail. 

Une revalorisation salariale

Le protocole d’accord met en avant une revalorisation de 500 euros net mensuels pour les sages-femmes hospitalières. Cette somme inclut 240 euros net de « prime d’exercice médical » et 78 euros net d’augmentation salariale, qui s’additionnent aux 183 euros du «Ségur de la santé ». 

Le gouvernement s’est engagé à ce que cette revalorisation salariale soit transposé au secteur privé. 

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Un allongement de la formation initiale

Le texte prévoit aussi d’allonger les études des futures sages-femmes, de 5 à 6 ans à partir de la promotion 2022. C’était une revendication de longue date.  

L’accord souligne aussi le rôle spécifique des sages-femmes au sein des hôpitaux. Des concessions sur les avancements de carrière ont été établies et les taux de promotions seront doublés jusqu'en 2024.

Enfin, la parution de décret sur plusieurs tâches est aussi attendue : notamment la mise en place de nouvelles maisons de naissance ou encore la promotion de la consultation post-natale précoce.  

Un accord en demi teinte

Chez les signataires, "on ne dit pas que c'est suffisant, mais c'est un accord d'étape qui reste positif", souligne Gilles Gadier (FO), qui entend "continuer à travailler" sur le statut et les effectifs.

"On va signer parce qu'il y a quand même des avancées, même si on reste sur notre faim", dit également Jean-Claude Stutz (UNSA), estimant qu'"il ne faut pas que le gouvernement pense qu'il est débarrassé du problème". 

Mais le texte ne convainc l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSS) qui maintient un "weekend-noir" de grève du 26 au 29 novembre, avec l’appui de la CGT.