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Bientôt des verres correcteurs sans ordonnance chez l'opticien ?

Un nouvel article ajouté au projet de loi Macron prévoit de rendre accessibles les verres correcteurs chez l'opticien, sans prescription médicale. Jusqu'alors, une ordonnance du médecin de moins de 3 ans était nécessaire pour pouvoir acheter ses verres et changer leur correction.

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Bientôt des verres correcteurs sans ordonnance chez l'opticien ?
Bientôt des verres correcteurs sans ordonnance chez l'opticien ?

Le Sénat a validé dans la nuit du 10 au 11 avril un article autorisant l'achat de verres correcteurs sans prescription, dans le cadre de la loi Macron. Il supprime "l'obligation absolue de posséder une ordonnance pour se voir délivrer des verres correcteurs ", explique Dominique Estrosi Sassone, auteure de l'article. Jusqu'alors il était nécessaire de disposer d'une ordonnance datée de moins de 3 ans pour pouvoir acheter des lunettes ou changer ses verres.

Cet amendement a pour but de relancer l'activité des opticiens. Dominique Estrosi Sassone a d'ailleurs estimé que la France ne pouvait pas être "le seul pays de l'Union européenne à refuser une paire de lunettes à un client chinois ou américain qui a cassé la sienne ". Depuis 2014, et la loi Hamon, les opticiens sont autorisés à modifier la correction d'un patient, pour l'adapter à sa vue, sauf en cas d'avis contraire du médecin et pour les moins de 16 ans.

Les ophtalmologistes inquiets

Face à ce projet, les ophtalmologistes s'inquiètent de voir disparaître leur activité. Mais pour certains députés, comme Brigitte Gonthier-Maurin (Communiste, républicain et citoyen, CRC), le risque est aussi sanitaire. "Seuls les ophtalmologistes peuvent détecter des maladies asymptomatiques aux conséquences irréversibles, tels le glaucome ou la rétinopathie diabétique ". Et comme les délais d'un rendez-vous chez l'ophtalmologiste sont très longs, "la solution est de relever le numerus clausus et d'interdire les dépassements d'honoraires ", a ajouté la députée.

"On peut rassurer les 5.800 ophtalmologues " a répondu l'auteure de l'article. "Durant 70 ans, période durant laquelle cette obligation ne s'imposait pas, les patients ont continué de consulter des ophtalmologistes". Sans ordonnance, les patients ne pourront pas être remboursés par l'Assurance-maladie.

Pour pouvoir entrer en vigueur, cet article doit encore recevoir l'aval de l'Assemblée nationale. Le projet de loi Macron devra être voté solennellement le 6 mai, mais le gouvernement a d'ores et déjà demandé qu'il soit examiné en procédure accélérée.