1. / Maladies
  2. / Maladies infectieuses et tropicales
  3. / Rougeole

La rougeole court toujours en France et touche des patients plus âgés

Santé publique France estime à plus de 10.000 le nombre de cas de rougeole survenus en France entre 2011 et 2018. Un chiffre élevé qui est la conséquence d’une trop faible couverture vaccinale.

Rédigé le

La rougeole court toujours en France et touche des patients plus âgés
Les cas de rougeole restent sous-déclarés en France ©Fotolia / uwimages

"La circulation du virus de la rougeole se poursuit en France." C’est le constat que fait Santé publique France dans son Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 23 avril 2019.  Il dresse le bilan de cette maladie virale au cours des dernières années.

Principal résultat : selon les chiffres de la déclaration obligatoire relevés entre le 1er octobre 2011 et le 30 septembre 2018, un total de 5.311 cas de rougeole a été déclaré en France sur cette période. Un chiffre probablement sous estimé car "les cas de rougeole restent sous-déclarés en France", notent les experts de Santé publique France qui évaluent ainsi à "plus de 10.000" le nombre de cas réellement survenus sur la période étudiée.

La moitié des cas sont âgés de plus de 15 ans

Quelles sont les personnes les plus touchées ? Si l’incidence la plus forte est observée chez les enfants de moins de un an, "trop jeunes pour être vaccinés", l’âge moyen des cas de cette infection est de 16 ans, un chiffre plus élevé qu’auparavant. Santé publique France déplore ainsi un "déplacement de l’âge des cas vers des tranches d’âge plus élevées, avec 50% des cas âgés d’au moins 15 ans et, parmi eux, un risque de complications plus élevé." En effet, plus elle survient à un âge avancé, plus la rougeole présente un risque élevé de complications principalement pulmonaires et infectieuses.

Ainsi, au cours de la période d’étude, 1.219 cas, soit 24%, ont été hospitalisés (244 pour une pneumonie et 13 pour une encéphalite) et quatre décès sont survenus chez des personnes âgées de 16 à 32 ans. Une analyse plus fine de la mortalité liée à la rougeole grâce à la base des certificats de décès du CépiDc-Inserm (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale) a permis à Santé publique France de comptabiliser un total de 23 décès liés à la rougeole sur une période plus vaste d’octobre 2008 à septembre 2018. Douze de ces décès sont liés à une atteinte respiratoire, dix à une encéphalite et un à une myocardite ayant entraîné une défaillance cardiorespiratoire.

Une couverture vaccinale toujours insuffisante

Cause principale d’une circulation toujours active de la rougeole : une couverture vaccinale encore insuffisante contre ce virus. Ainsi, parmi les malades dont le statut vaccinal a pu être vérifié par un document médical, 86,7% n’étaient pas correctement vaccinés : 69,1% n’avaient reçu aucune dose et 17,6% une seule des deux doses nécessaires.

A lire aussi : Rougeole : la France pointée du doigt par l’Unicef pour une vaccination insuffisante

Mais Santé publique France garde espoir : depuis le 1er janvier 2018, 11 vaccinations sont obligatoires dans le calendrier vaccinal des nourrissons, dont la vaccination contre la rougeole. Une mesure qui aura pour conséquence directe une "augmentation de la couverture vaccinale" dont l’objectif "est non seulement de protéger directement les sujets vaccinés, mais également d’éviter la contamination des sujets vulnérables, à risque de formes graves, à travers une immunité de groupe, en particulier les personnes ne pouvant bénéficier de la vaccination (enfants âgés de moins de un an, personnes immunodéprimées, femmes enceintes)."

En attendant que cette obligation entraîne un niveau suffisant de couverture vaccinale, Santé publique France n’exclut pas qu’une alternance de vagues épidémiques et de périodes d’accalmie, comme observée depuis plusieurs années, se poursuive. Reste à savoir à quelle échéance – et avec quel retard – la France atteindra l’objectif d’élimination de la rougeole, un objectif "initialement adopté pour 2010", rappelle l’Agence nationale.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr