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Ebola : les questions que vous vous posez

Le virus Ebola continue de faire de nombreuses victimes. Et pour la première fois, un cas de contamination a été recensé en Europe. Alors que des chercheurs nord-américains ont récemment estimé à 75% la probabilité d'un cas en France d'ici fin octobre, la psychose gagne du terrain. Le docteur Bernadette Murgue, directrice adjointe de l'Institut des maladies infectieuses était l'invitée du Magazine de la santé ce mardi 7 octobre 2014. Elle a répondu aux nombreuses questions de nos téléspectateurs concernant le virus Ebola.

Rédigé le , mis à jour le

Entretien avec le docteur Bernadette Murgue, directrice adjointe de l'Institut des maladies infectieuses
  • Quels sont les symptômes du virus Ebola ?

La réponse du Dr Bernadette Murgue, directrice adjointe de l'Institut des maladies infectieuses : "La maladie débute comme n'importe quelle infection et c'est la raison pour laquelle il est difficile d'identifier Ebola. Les symptômes sont la fièvre, des douleurs dans les articulations, une grande fatigue, des nausées, des maux de tête… Et dans les zones où Ebola sévit actuellement, c'est peu différenciable d'une autre pathologie comme le paludisme ou autres.

"Ensuite, il va y avoir en quelques jours des symptômes beaucoup plus explosifs, avec des douleurs abdominales sévères, une toux importante, des vomissements, des diarrhées, éventuellement des hémorragies, mais cela n'est pas systématique… Ensuite, soit le patient évolue vers la guérison, soit au contraire son état s'aggrave avec en général une défaillance de tous les organes."

  • Peut-on attraper le virus Ebola dans les transports en commun ?

Dr Bernadette Murgue :"Il est très peu probable d'attraper ce virus dans les transports en commun. Il faudrait se mettre dans des conditions particulières avec un contact direct avec une personne malade qui présente des symptômes importants avec des diarrhées, des vomissements. Mais on ne peut pas attraper le virus simplement en touchant une barre du métro.

"Le virus a très peu de chance d'être transmis par la toux ou les postillons. Si un malade présente une forme explosive de la maladie, dans ce cas il y a un risque mais comme n'importe où ailleurs, et pas seulement dans les transports en commun."

  • Y a-t-il un remède concret au virus Ebola ?

Dr Bernadette Murgue : "Aujourd'hui contre le virus Ebola, on dispose de molécules expérimentales. Ce sont des molécules qui ont été évaluées à la fois d'abord sur cellules (phases pré-cliniques), ensuite sur des modèles animaux (souris puis macaques), et qui théoriquement devraient passer chez l'homme en phase 1, c'est-à-dire une évaluation de la tolérance et de l'absence d'effets secondaires liés à cette molécule. Mais ces molécules ne passent pas cette phase 1. On envisage directement de les utiliser chez l'homme en situation d'épidémie tel que c'est le cas.

"Un certain nombre de molécules sont candidates, mais on ne peut pas les mettre à disposition comme ça. Il faut que le procédure soit extrêmement encadrée, il faut qu'on ait des essais cliniques qui se mettent en place pour évaluer leur tolérance, leur efficacité. Cela ne peut pas concerner 3.000 personnes d'emblée. Si une de ces molécules s'avérait efficace, mais on ne le saura pas tout de suite, il faudra évaluer si on a assez de doses disponibles. Pour le moment, c'est trop prématuré pour le dire."

  • Le fait de contracter la maladie et d'en guérir est-il immunisant ?

Dr Bernadette Murgue :"On pense effectivement que le fait de contracter la maladie et d'en guérir est immunisant. Mais cela nécessite des études complémentaires. Je ne peux donc pas vous répondre avec une complète certitude. Mais très probablement que cela est immunisant.

"On peut parler des sérums de convalescents. C'est également une piste qui est en train d'être explorée. Il faut voir s'il est possible de récupérer le sang des patients guéris, il faut voir si le contrôle de qualité sera suffisamment bien réalisé ; il faut veiller à ce que l'on ne transmette pas une autre maladie et il faut voir si les anticorps qui seront dans le sérum des convalescents auront un effet neutralisant sur le virus. Les recherches doivent se mettre en place et le seront très prochainement."

  • N'y a-t-il pas de porteurs sains comme pour d'autres maladies ?

Dr Bernadette Murgue : "Un porteur sain est une personne qui est infectée et qui ne présente aucun symptôme. C'est ce que l'on appelle des formes asymptomatiques. Concernant Ebola, on n'a pas beaucoup de données. Mais une enquête a été faite au Gabon il y a quelques temps, le Gabon étant un site où il y a régulièrement des épidémies d'Ebola. On a regardé le taux d'anticorps dans la population sur tout le territoire gabonais. Et il y a des personnes qui ont des anticorps sans avoir aucune expression de la maladie. Il n'est donc pas complètement impossible qu'il y ait des formes asymptomatiques ou des patients qui présentent des formes avec des symptômes extrêmement modérés. Mais là encore cela nécessite des recherches complémentaires."
 

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