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Covid-19 sur le Costa Magica : 180 plaintes déposées à Paris

Un collectif de passagers français du Costa Magica a déposé 180 plaintes, à Paris contre un bateau de la compagnie Costa Croisières.   

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Covid-19 sur le Costa Magica : 180 plaintes déposées à Paris
Crédits Photo : Creative Commons / Neo-Need

Une croisière qui vire au cauchemar

Du 6 au 13 mars, dans une boucle au départ de la Guadeloupe, le bateau et ses 2.303 passagers se voit refuser d'accoster dans la plupart des îles visitées - Trinidad et Tobago, Grenade, La Barbade, Sainte-Lucie - en raison de la pandémie. Sur les 2303 passagers, 1000 passagers sont Français.

Très vite la croisière vire au cauchemar, un collectif, nommé le Costa Magica, rassemble 850 passagers français. Parmi eux, 180 personnes ont décidé de porter plainte contre un bateau de la compagnie Costa Croisières. Ils dénoncent le manque de règles sanitaires alors que le coronavirus faisait ses premières victimes à bord.

Aujourd’hui, les plaignants veulent savoir pourquoi la croisière a été maintenue. D’autant plus, que les semaines précédentes le navire n’avait déjà pas pu accoster dans plusieurs ports.

Pour comprendre, les revendications des plaignants, la rédaction d’Allodocteurs.fr a contacté Me Philippe Courtois, avocat des 180 plaignants.

La rédaction d’Allodocteurs.fr : Qu’ont vécu les 180 plaignants lors de leur croisière ?

Me Philippe Courtois : Un calvaire. Ils ont été livré à eux-mêmes. Ils se sont retrouvés seuls face à une situation sanitaire qui se dégradait et sans aucune communication de la part de Costa Croisières. Rien a été fait pour empêcher la propagation du virus.

La rédaction d’Allodocteurs.fr : Vos clients ont déposé plainte pour homicides involontaires, mise en danger de la vie d’autrui et non assistance à personne en danger. Pourquoi ces chefs d’accusation ?

Me Philippe Courtois : En 48h, des passagers ont développé des symptômes de toux et de fièvre. Sur le bateau, il y avait un médecin. Seul problème les consultations s’élevaient à 130 euros, un prix exhorbitiant. Il a fallu négocier avec lui pour qu’une quinzaine de passagers puissent être pris en charge. C’est de la non assistance à personne en danger.
Ensuite, sur les trois restaurants du bateau, un seul fonctionnait. Imaginez-vous 2000 à 3000 personnes aux heures des repas, en train de faire la queue les uns derrière les autres. C’est pour cela qu’on a ajouté la mise en danger de la vie d’autrui.
Pour couronner le tout, on aimerait savoir pourquoi les chaines d'information n'étaient plus disponibles à bord et le réseau WI-FI quasi inexistant. Les passagers français n’ont pas pu regarder le discours du président.

La rédaction d’Allodocteurs.fr : Selon vous, le croisiériste n’a rien fait pour protéger ses passagers ?

Me Philippe Courtois : Il n’y avait pas de masque sauf pour le personnel. On a rassemblé des vidéos et photos dans lesquelles on voit le personnel à peine nettoyer les locaux. Il y avait un scanner thermique ou plus exactement un thermomètre utilisé une fois sur quinze. Concernant le gel hydroalcoolique, au bout de 3 jours, il n’y avait plus rien.

La rédaction d’Allodocteurs.fr : Qui sont les 180 plaignants ?

Me Philippe Courtois : Derrière les 180 plaintes, il y a 180 cas de COVID-19 avec des dossiers médicaux. 177 personnes ont été touchées par le virus et malheureusement, on dénombre 3 décès. 1/3 ont gardé des problèmes pulmonaires, 3 victimes souffrent de troubles neurologiques liés au virus et le reste il s'agit de personnes qui ont eu des symptômes plus classiques du COVID-19 comme de la fièvre, de la toux, des diarrhées.

De son côté, Costa Croisières assure avoir "développé le protocole de sécurité Costa pour sa flotte, incluant de nouvelles procédures opérationnelles en réponse à la situation de Covid-19". Reprendra ses croisières en Méditerranée le 6 septembre.

 

 

 

 

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