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Choc toxique : ne pas porter un tampon plus de 6 heures

Une étude menée par des chercheurs français montre que le fait de porter un tampon plus de 6 heures multiplie par deux le risque de choc toxique. Ils appellent à davantage de prévention.

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Choc toxique : ne pas porter un tampon plus de 6 heures
Choc toxique : ne pas porter un tampon plus de 6 heures

Il touche une vingtaine de femmes chaque année en France. Le syndrome du choc toxique lié à l’utilisation de tampon périodique peut conduire dans les cas les plus sévères au décès. Des chercheurs de l’Inserm et du CNRS ont cherché à identifier les facteurs de risque de ce syndrome. Ils ont pour cela interrogé 180 femmes, dont 55 qui ont été victimes d’un choc toxique. Cette étude publiée le 10 mars dans eClinicalMedecine, montre que le risque de syndrome de choc toxique est multiplié par deux lorsque le port de tampon dépasse six heures et par trois quand le tampon est porté toute la nuit (huit heures ou plus).

Les symptômes qui doivent alerter :

  • Fièvre soudaine (38,9°C ou plus)
  • Vomissements
  • Sensation de malaise avec céphalée
  • Diarrhée
  • Éruption cutanée ressemblant à un coup de soleil

Il faut alors enlever son tampon ou sa coupe menstruelle et consulter en urgence

Une toxine extrêmement dangereuse

La bactérie responsable du choc toxique, c’est le staphylocoque doré. Nous en avons tous naturellement à la surface de notre corps mais il peut devenir dangereux dans certains cas.  Avec un tampon ou une coupe menstruelle, le sang est bloqué dans le vagin créant un milieu de culture favorable aux staphylocoques dorés. En se développant il peut libérer une toxine extrêmement dangereuse (TSSST1) qui peut passer dans le sang et provoquer la défaillance des organes vitaux.

Seules les femmes qui possèdent un germe particulier de ce staphylocoque doré et qui ne fabriquent pas les anticorps capables de lutter contre cette toxine sont susceptibles de faire un choc septique. Et parmi elles, toutes ne développent pas la maladie. La science ne sait pas encore l’expliquer…

En parler dans les cours d’éducation sexuelle

Cette étude montre que le problème ne vient pas du port du tampon en lui-même mais de son mésusage. Au-delà de la durée d’utilisation, le fait de ne pas lire les instructions accompagnant la boîte de tampons ou de ne pas les suivre fait augmenter le risque de choc toxique. « Il faut améliorer l’éducation des jeunes filles », explique Pr Gérard Lina, qui a dirigé l’étude. « Souvent, ce sont les mères qui s’en chargent, et si elles sont tout à fait capables d’expliquer l’usage du tampon à leurs filles, elles ne sont pas toujours bien informées sur le choc toxique et sur comment le prévenir », poursuit-il.

Les auteurs de l’étude recommandent d’améliorer la prévention en parlant de ce choc toxique dans les cours d’éducation sexuelle dans les établissements scolaires. Ils comptent aussi sur les professionnels de santé pour améliorer la prévention auprès des jeunes filles, les plus touchées par ce syndrome.

On estime aujourd’hui que près de huit femmes sur 10 utilisent régulièrement des tampons.

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