Autisme

Ch@t du 8 avril 2013 de 15h à 16h : le Dr Nadia Chabane, pédopsychiatre à l'hôpital Robert Debré et le Dr Mélina Huc-Chabrolle, pédopsychiatre à Tours ont répondu à vos questions.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

Rédigé le , mis à jour le

Les réponses du le Dr Nadia Chabane, pédopsychiatre à l'hôpital Robert Debré

Cet accompagnement est encore insuffisant mais nécessaire. Des groupes de parents peuvent aussi être utiles pour pouvoir échanger et bénéficier de l'expérience des autres parents. Dés lors que l'enfant a été diagnistiqué, il est essentiel que les parents soient accompagnés avec une guidance parentale qui leur permet d'être le plus proche possible de leur enfant en terme de communication et d'adaptation. Ce sont ces démarches qui nécessitent d'être développées pour mieux répondre aux besoins des parents.

Il est important que votre petit fils est un examen neurologique complet afin de vérifier s'il n'y a pas une cause particulière à ce retard psychomoteur.

Ce traitement est utile sur deux dimensions : l'hyperactivité motrice et le déficit attentionnel. Les difficultés attentionelles sont très fréquentes dans les troubles du spectre autistique et peuvent générer des difficultés d'apprentissage, le concerta® peut être un outil supplémentaire pour aider l'enfant dans ses acquisitions et son adaptation à partir du moment où le traitement est bien toléré.

Il existe aujourd'hui des centres de référence Asperger en France où vous pourriez demander un RDV. Ils dépendent du réseau fondamental (voir sur google)...

Un développement harmonieux à 18 mois est un signe très rassurant, donc à priori pas de souci. Seules des modifications sévères de la communication et du contact pourraient vous avoir alertée.

Je vous conseille de demander au CRAIF, appelez les, ils doivent avoir une liste de ce type de groupe en IDF.

Il serait souhaitable que vous preniez contact avec le centre Ressource Autisme de votre région (regardez sur google pour les coordonnées) afin de demander une consultation.

Dans les familles où un enfant est déjà atteint, le risque est plus imortant qu'en population générale sans pour autant que cela constitue un risque majeur qui amenerait à dire aux parents de ne pas avoir un autre enfant. Il n'existe toujours pas de diagnostic génétique clair à ce jour car les gènes responsables de ce syndrôme ne sont pas encore connus.

Votre petit garçon a 24 mois, il devrait débuter des petites phrases et utiliser plusieurs mots, donc, je vous conseille de consulter car il y a un retard de langage. Ce retard n'est pas forcément en lien avec l'autisme mais il serait dommage de ne pas l'aider à mieux communiquer.

Le keppra® est une molécule efficace et assez bien tolérée. Elle permet de proteger votre fils de crises qui ont un effet délétère sur le cerveau. La mélatonine est très bien tolérée, elle permet de donner un signal de sommeil et d'aider l'enfant à l'endormissement mais ce n'est pas un hypnotique qui entraine des effets secondaires importants.

Il est nécessaire de revoir cette attribution, demandez à votre médecin un certificat spécifiant que l'enfant nécessite un accompagnement plus important et revoyez la demande auprès de la MdpH.

Aucune méthode n'est exclusive, ce qui compte c'est le profil de chaque enfant et surtout de lui proposer plusieurs modalités d'intervention : réeducation de la communication (en orthophonie avec des technisues de type PECS ou makaton), réeducation en psychomotricité, accompagnement psychoéducatif, ABA etc...

Tout dépend des besoins de votre enfant et de la coordination avec ses réeducations. Le temps scolaire doit être un temps accompagné dont il tire profit.

Il faut demander une orientation auprès du Centre Ressource Autisme de votre région.

Il y a à Lyon un Centre Ressource Autisme excellent vers lequel vous pouvez vous tourner pour un avis. Insistez auprès d'elle pour lui dire que l'optique est de l'aider dans sa socialisation, à se faire un cercle d'amis, à mieux s'adapter aux autres...

Les problématiques familiales (séparation etc...) ne sont en rien responsables de troubles comme l'autisme. Ces retards nécessitent la réalisation d'un bilan pour en établir la cause.

Oui, je pense que cela peut l'aider sur sa prosodie et son débit de langage même à 16 ans (il y a des indications à tout âge).

Il serait utile de consulter pour discuter d'un éventuel traitement avec un spécialiste dans ce domaine.

Il serait intérressant de prendre contact auprès d'équipes s'occupant d'adultes comme celles du Dr Fiard à Niort qui travaille sur cette problématique.

La plasticité cérébrale fait que quelque soit la période de développement, l'amélioration est toujours possible mais en intensité variable. Il est vrai que plus la prise en charge est précoce, mieux cela vaut, c'est pour cela que l'on insiste beaucoup sur le diagnostic précoce.

Cela a été une donnée qui a circulé à un moment. Beaucoup d'équipes se sont penchées sur cette hypothèse et des études internationales très solides ont été menées montrant que les vaccins ne sont pas responsables de la survenue des troubles du spectre autistiques.

Il y a en effet des travaux de recherche qui ont pu impliquer ces traitements avec la synaptogénèse, c'est-à-dire la mise en place des réseaux de synapse dans l'autisme. Il s'agit de pistes pour lesquelles des recherches sont en cours.

Non. Il existe des enfants autistes avec déficience intellectuelle, d'autres avec des compétences intellectuelles dans la normale, d'autres avec un profil évoquant plus une précocité.

Il pourrait vraiment bénéficier d'une prise en charge comportementale après avoir étudié ce qui peut déclencher ces crises. Par ailleurs, je suis étonnée d'un diagnostic d'Asperger à 18 mois !

Je vais avoir du mal à vous répondre car cela dépend tellement et de son profil et de la qualité des structures proches de chez vous...

Peut être serait-il avisé de faire un bilan d'évolution auprès d'une équipe de spécialistes (voir coordonnées auprès du centre ressources de votre région).

Cette émission faisait référence à des hypothèses de recherche. Comme toutes hypothèses, ces dernières nécessitent d'être testées dans le cadre d'une étude contrôlée et répliquéé, ce qui n'est pas le cas...

Je vous conseille de demander un bilan de développement pour votre fille qui a un retard de langage, mieux vaut s'y prendre tôt.

L'hypnose n'a pas fait ses preuves que je sache ! Pour la piste diurétiques, nous devons attendre une étude controlée, répliquée qui permettent de nous renseigner clairement sur l'efficacité et la tolérance de ce type de traitement. Pour l'instant, c'est anticipé...

Les tableaux associant ces différents symptômes sont assez rares mais existent. Il serait souhaitable de demander une consultation pour avoir l'avis d'un spécialiste (demander lieux de consultations au Centre Ressource Autisme).

Les vaccins ne semblent pas être en cause au regard des études épidémiologiques réalisées dans ce domaine.

Les réponses du Dr Mélina Huc-Chabrolle, pédopsychiatre à Tours

Les causes précises de l'autisme restant actuellement encore inconnues, l'hypothèse de l'influence de l'alimentation a été avancée par certains groupe de recherche, et notamment celle d'un impact néfaste des produit de digestion du gluten et de la caséine. Néanmoins, les études qui ont cherché à évaluer l'efficacité de tels régimes dans l'autisme n'ont pas permis de prouver qu'ils apportaient une véritable amélioration sur les symptômes autistiques, ce qui a conduit l'AFSSA à rédiger un rapport à ce sujet en avril 2009 ne recommandant pas l'utilisation de ces régimes dans l'autisme, d'autant qu'ils peuvent entraîner certaines carences s'ils ne sont pas réalisés sous contrôle médical.

Bien sûr, un diagnostic est possible à tout âge si l'on utilise des outils adaptés.

Les DSM 4 et 5 sont les manuels de diagnostic des maladies élaborés par l'association des psychiatres américains et utilisées dans le monde entier avec la CIM (classification de l'OMS). La version 4 est celle qui est utilisée actuellement et la version 5 doit sortir très prochainement, et présentera des modifications dans la classification des troubles, notamment le terme de trouble du spectre autistique remplacera celui de trouble envahissant du développement.

L'idéal est de pouvoir disposer d'une évaluation complète et pluridisciplinaire de la personne et de l'adresser à la MDPH pour permettre de répondre au mieux à ses besoins.

L'autisme est avant tout un trouble de la communication et de l'adaptation sociale associé à des comportements répétés et restreints et le diagnostic est posé à partir de la présence de nombreux signes, un signe isolé ne permet en aucun cas de poser un diagnostic.

Face à un épisode dépressif caractérisé avec des idées noires, une consultation psychiatrique est indispensable.

Je vous conseille de contacter vle Centre Ressource Autisme de votre région qui pourra sans doute répondre à votre question.

Les éducateurs spécialisés sont en effet souvent intégrés aux équipes pluridisciplinaires de pédopsychiatrie.

Vous devez consulter un pédopsychiatre qui pourra faire le point avec vous sur le développement de votre enfant, soit en libéral, en CMP ou au sein d'un CAMSP, demandez conseil à votre médecin traitant pour mieux vous accompagner, ou au centre de ressource autisme de votre région.

Les facteurs génétiques ont un poids important dans l'autisme, mais il n'existe pas un seul gène mais plutôt de nombreux facteurs de risque génétiques, dont tous ne sont pas connus. Seule une consultation dans un service de génétique vous permettra éventuellement d'avoir une réponse dans le cas de votre famille.

Vous avez raison, les garçons sont en moyenne 4 fois plus touchés que les filles par les troubles autistiques, pour des raisons qui ne sont pas encore entièrement connues, notamment des raisons génétiques.

Il existe un faible pourcentage de personnes atteintes de trisomie 21 qui présentent un autisme dans le cadre de leur trisomie 21, mais un antécédent familial de trisomie 21 n'est pas en soit un risque supplémentaire d'autisme. Cependant, ces 2 pathologies sont plus fréquentes lorsque l'âge maternel et plus élevé.

Des progrès peuvent être obtenus à tout âge, la meilleure démarche est de réaliser une évaluation pluridisciplinaire, éventuellement avec l'appui du centre de ressource autisme si nécessaire, afin de construire un projet d'intervention individualisé pour votre fille, à partir de ses compétences.

Il n'y a pas de réponse générale à votre question, chaque personne est différente, mais la curatelle n'est bien sûr pas nécessaire systématiquement, elle peut en revanche être utile pour certaines personnes.

Le risque d'épilepsie est en effet plus élevé chez les personnes présentant un trouble du spectre autistique, y compris les personnes avec un syndrome d'Asperger, même si ce rique est plus faible que pour les personnes présentant une déficience intellectuelle.

A l'âge adulte, l'autisme reste caractérisé par un trouble de la communication, des interactions sociales et des intérêts restreints et des comportements répétitifs. Le diagnostic peut être porté par un psychiatre d'adulte formé à l'autisme. Les centres de ressource autisme de nombreuses régions comprennent actuellement des équipes spécialisées dans le diagnostic de l'autisme à l'âge adulte.

Le syndrome d'X fragile est la maladie génétique la plus fréquemment associée à l'autisme, mais toutes personnes porteuses de cette mutation ne sont pas autistes. Lorsque c'est le cas, la prise en charge est alors la même que dans les autres cas d'autisme.

Actuellement, il n'y a aucune preuve que l'autisme soit liés aux relations affectives entre parents et enfants ou aux événements de vie dans la petite enfance.

Les interventions proposées par les hôpitaux de jours sont très différentes selon les lieux, mais peuvent tout à fait correspondre aux besoins de votre enfant. Par ailleurs, votre centre de ressource autisme a sûrement un numéro de téléphone ou un site interb=net où vous pourrez avoir plus des renseigenements plus précis;

Si vous êtes inquiète, cela ne sert à rien d'attendre, consultez votre pédiatre ou un pédopsychiatre qui pourra vous répondre.

Il est difficile de vous répondre sans connaître votre fils, posez la question et faites vous aider par les personnes qui l'accompagnent.

Il est en effet difficile d'évaluer les compétences intellectuelles des enfants avec autisme lorsqu'ils sont très jeunes, car ils n'ont pas toujours un intérêt à montrer leurs connaissances. En utilisant des tests qui utilisent peu le langage (épreuves non verbales) avec des images, on peut souvent y voir plus clair mais il faut prendre ces résultats avec précaution lorsque les enfants sont très jeunes car parfois les enfants avec autisme ne révèlent leur potentiel intellectuel que plus tardivement.

Une nouvelle évaluation permettra d'ajuster le projet d'intervention pour votre enfant, et de constater les progrès. Les recommandations HAS proposent une réévaluation tous les 2 ans jusqu'à 6 ans, puis lors des situations "charnières" comme l'adolescence et l'entrée à l'âge adulte, ou lorsque des difficultés nouvelles surgissent.

Je vous conseille d'aller sur le site de l'ARAPI, c'est une association qui regroupe parents et professionnels et qui fait le point sur l'actualité de la recherche de façon très accessible.

Je vous conseille "l'autisme de l'enfance à l'âge adulte" de C. Barthélémy, aux éditions Lavoisier.

Un enfant qui n'utilise aucun mot à 24 mois doit bénéficier d'un bilan orthophonique et d'un bilan auditif.

Les épilepsies complexes comme le syndrome de Doose, peuvent en effet être parfois associées à des troubles envahissants du développement, un bilan diagnostic pluridiscipinaire permet alors d'apporter des précissions.

Il existe des équipes de centre de ressource autisme spécialisées dans la prise en charge des adultes qui peuvent apporter des conseils aux équipes médicales à leur demande ou à celle des familles, rapprocher vous du CRA de votre région.

Vous n'êtes pas obligé de demander un deuxième avis mais rien ne vous en empêche si celà vous rassure.

Les hallucinations ne rentrent pas dans les symptômes typiques de l'autisme, ce sont plutôt des manifestations imaginaires envahissantes ou des soliloques, toutefois dans certains rares cas, des patients autistes présentent une évolution vers des symptômes psychotiques et nécessitent alors une nouvelle évaluation psychiatrique et éventuellement neurologique.

Rapprochez vous d'un psychiatre de votre choix, ou du centre ressource autisme de votre région.

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Le 2 avril avait lieu la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, ce trouble du développement touche 1 personne sur 150 dans le monde. La France compte environ 430 000 personnes atteintes d'autisme à des degrés divers, dont 25% d'enfants. Il serait possible de prendre le problème très au sérieux en organisant un dépistage précoce, en repérant les 1ers signes dès 12 mois afin de poser un diagnostic entre 2 et 3 ans. Aujourd'hui le dépistage intervient en moyenne à 6 ans, ce qui ferait perdre 3 à 4 ans d’intervention à un âge où la plasticité cérébrale permet d’accomplir d’énormes progrès. Des outils existent mais ils ne sont pas utilisés et les professionnels sont rares et peu formés. Cette intervention en amont permettrait avant tout de mettre en place des programmes éducatifs d’accompagnement adaptés pour faciliter l’insertion en milieu scolaire, sachant qu'une personne autiste pourrait évoluer favorablement avec son handicap en milieu ordinaire.
Aujourd’hui, la situation de l’adulte autiste est catastrophique avec un accès au travail encore entravé par des discriminations à l’embauche. Cette prise en charge précoce permettrait enfin de maitriser un coût humain et social considérable !

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