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Cancer du sein : toutes concernées !

Une femme sur huit risque de développer un cancer du sein. Chaque année, c'est le cancer le plus fréquent chez les femmes et il reste au premier rang des décès par cancer chez la femme. C'est aussi l'un des cancers qui se soigne le mieux, dès lors que ses symptômes sont identifiés à temps. D'où l'intérêt de connaître les signes, les facteurs de risque, et les modalités de dépistage.

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Cancer du sein : toutes concernées !
Cancer du sein : toutes concernées !
Sommaire

Cancer du sein : l'importance d'un diagnostic précoce

Marina Carrère d'Encausse et Régis Boxelé expliquent le cancer du sein

Selon l'association "Cancer du sein, parlons-en !", une femme sur huit risque de développer un cancer du sein. Avec environ 58.000 à 59.000 nouveaux cas par an, le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes et celui dont elles meurent le plus en nombre. Heureusement, grâce aux progrès de la médecine, c'est aussi le cancer qui se guérit le mieux, avec 87% de taux de survie en cinq ans selon l'Institut de veille sanitaire (InVS) mais s'il est dépisté à un stade précoce, la survie est de 99%. Si le nombre de cas continue à augmenter, la mortaité est en baisse depuis les années 90 (source : Santé publique).

Le sein est avant tout une glande : la glande mammaire. Cette glande est formée de quinze à vingt compartiments séparés par du tissu graisseux et du tissu de soutien. Chaque compartiment est constitué de lobules et de canaux. Leur rôle : produire le lait et l'acheminer vers le mamelon en période d'allaitement. Le sein est également parcouru de vaisseaux sanguins et de vaisseaux lymphatiques. Ces derniers aident à combattre les infections, ils mènent à plusieurs ganglions sentinelles.

En cas de cancer, des cellules anormales se développent généralement au niveau des canaux ou au niveau des lobules. Leur multiplication anarchique fait apparaître une masse, c'est la tumeur. Quand la tumeur reste confinée dans les canaux et lobules, on parle de cancer in situ. En revanche, lorsque les cellules malades sont aussi présentes dans les tissus qui entourent le point d'origine, on parle de cancer infiltrant.

Enfin, les cellules malignes peuvent se propager dans les ganglions situés sous les bras mais aussi dans le reste de l'organisme et créer des métastases. C'est pour cette raison que le retrait des ganglions sentinelles fait partie du traitement du cancer du sein.

Connaître les facteurs de risque

Aujourd'hui, les facteurs de risque du cancer du sein sont bien connus : l'âge, la prédispostion génétique (survenue d'un cancer du sein chez un parent du premier degré (ou du second passant par un homme ; les gènes BRCA1 et 2), la consommation d'alcool et probablement de tabac et de viandes rouges, les facteurs hormonaux (âge de puberté précoce, grossesses tardives ou absence de grossesse menée à terme, contraception hormonale, traitement hormonal substitutif, etc), surpoids et obésité, etc. Identifier les facteurs de risque permet d'adapter la surveillance.

La mammographie 3D, un nouvel outil diagnostic

Une mammographie 3D pour dépister les tumeurs

Pour dépister le cancer du sein, une technique est de plus en plus utilisée : la mammographie 3D, aussi appelée tomosynthèse. Elle permet une meilleure détection des lésions cancéreuses et moins d'erreur de diagnostic.

En plus des clichés traditionnels de face et en oblique, pour la mammographie 3D ou tomosynthèse, l'appareil tourne autour du sein de la patiente pour effectuer des prises supplémentaires. Les images sont ensuite modélisées par l'ordinateur pour faire apparaître différentes coupes à l'intérieur du sein.

Cet examen est particulièrement adapté aux seins denses, des seins possédant plus de tissus glandulaires que de graisse, là où le cancer se développe. "La tomosynthèse est un examen intéressant pour détecter des lésions dans des seins denses, dans les seins difficiles, qui ne sont pas visibles sur les clichés classiques", explique le Dr Corinne Balleyguier, radiologue. Selon plusieurs études, la mammographie 3D permet de détecter de 20 à 30% de cancers supplémentaires.

En 2020, la tomsynthèse n'est pas recommandée dans le dépistage organisé par la Haute autorité de synthèse. Si plusieurs méta-analyses et études concordent sur le fait que cet examen est plus efficace pour détecter les cancers in situ, "les études ne sont pas homogènes en termes de qualité, de population incluse et de protocole, les résultats sont donc à interpréter avec prudence", d'après l'institution dans un avis en date de 2019. De plus, l'irradiation est insuffisamment évaluée.

Une biopsie pour confirmer le diagnostic

Comment réalise-t-on une biopsie ?

Si un cliché de mammographie montre une image suspecte, les médecins procèdent alors à une biopsie. Il s'agit d'un prélèvement de tissu dans le sein, analysé ensuite au microscope. Cet examen est indispensable pour savoir s'il y a ou non une tumeur, examiner les cellules cancéreuses et de rechercher si le cancer est hormono-dépendant. La biopsie sert à adapter la stratégie thérapeutique.

De la tumorectomie à la mastectomie

Attention, images de chirurgie ! Pour certaines patientes la chirurgie conservatrice n'est pas possible. Seul recours alors, la mastectomie totale : une ablation intégrale du sein.

Grâce aux campagnes de dépistage, les tumeurs sont découvertes à des stades de plus en plus précoces offrant la possibilité de traitements conservateurs. La chirurgie du cancer du sein va donc permettre de ne retirer que la zone cancéreuse tout en conservant le sein.

Si la tumeur est bien délimitée et qu'elle fait moins de cinq centimètres, le chirurgien peut enlever la totalité de la tumeur sans enlever tout le sein. On parle alors de chirurgie conservatrice, de tumorectomie, ou encore de mastectomie partielle. Le sein n'est pas déformé, le mamelon et l'aréole sont conservés.

Si le cancer est invasif, la tumeur trop importante, ou qu'il y en a plusieurs dans un même sein une intervention plus lourde doit être envisagée. C'est toute la glande mammaire qui doit être retirée, y compris l'aréole et le mamelon, ainsi qu'une partie des ganglions lymphatiques au niveau de l'aisselle. Il s'agit d'une mastectomie totale. Les mastectomies totales représentent environ 37% des opérations du cancer du sein.

La mastectomie robot-assistée

Attention, images de chirurgie ! Mastectomie assistée par robot

À l'Institut Gustave-Roussy, en région parisienne, des chirurgiens testent une nouvelle technique de mastectomie réalisée avec un robot. Objectif : plus de précision dans la dissection et des cicatrices plus discrètes. Le robot permt en effet une assistance incomparable, en offrant un champ de vision en 3D avec la possibilité d'agrandir une zone, ainsi qu'une liberté de mouvement largement supérieure à celle du poignet humain.

Cette opération n'est possible que pour les patientes qui peuvent garder leurs mamelons et dont la taille n'excède pas un bonnet C. Elle est réalisée dans le cadre d'une étude. Après avoir obtenu de bons résultats sur les 27 opérations déjà réalisées, les chirurgiens souhaitent maintenant obtenir le marquage européen.

En 2020? la chirurgie assistée par robot offrent moins de cicatrice, moins de douleurs et pourrait faciliter une meilleure récupération des patientes.

Reconstruction mammaire : la renaissance de la féminité

Parfois ces reconstructions se font en plusieurs étapes. Attention, images de chirurgie !

Après une opération, la reconstruction mammaire est souvent le moyen pour une femme de se réconcilier avec son corps et de retrouver une part de féminité. Cette reconstruction est possible environ un an après la fin du traitement de radiothérapie. Parfois, elle peut être réalisée en même temps que la mastectomie, c'est la reconstruction immédiate.

Deux techniques existent. Soit on pose une prothèse, en silicone ou remplie de sérum physiologique, soit on reconstruit le sein à partir de tissus d'une autre partie du corps, la peau et la graisse de l'abdomen ou des muscles situés dans le dos (le grand dorsal). L'aréole et le mamelon, eux, sont reconstruits deux à trois mois après cette première reconstruction. Elle est prise en charge à 100% par l'Assurance maladie.

Les apports de la chimiothérapie et l'hormonothérapie

Stéphanie suit un traitement d'hormonothérapie depuis plusieurs années

La chimiothérapie est parfois utilisée par voie intraveineuse à l'hôpital ou par comprimés. Elle est parfois prescrite avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur avant la chirurgie, ou le plus souvent après. Dans ce cas, elle est parfois associée à l'hormonothérapie ou une thérapie ciblée. Elle peut provoquer comme effets secondaires une perte de cheveux, des problèmes d'ongles et de peau, etc.

L'hormonothérapie, pour diminuer les risques de récidive

L'hormonothérapie, prescrite dans les 3/4 des cancers du sein d'après l'institut Curie, est un traitement de référence pour certains types de cancer du sein : les cancers hormono-sensibles ou hormono-dépendants. Il permet de réduire le risque de récidive après un cancer du sein. "Tous traitements médicaux confondus, les traitements d'hormonothérapie sont certainement ceux qui ont guéri le plus de patientes depuis 40 ou 50 ans", explique le Dr Paul Cottu, oncologue médical.

Se présentant sous forme de comprimé, ce traitement comporte toutefois de nombreux effets secondaires : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, prise de poids... Et surtout, ce traitement n'est pas compatible avec une grossesse (risques de malformations fœtales). Certaines jeunes femmes décident donc de l'arrêter pour avoir un enfant. Pendant sa grossesse mais aussi après, lors de la reprise du traitement, la patiente bénéficie d'un suivi particulier : bilans réguliers, palpations mammaires...

La durée de l'hormonothérapie recommandée est de cinq ans. Mais des études montrent le bénéfice d'une prescription plus longue : "Après les cinq ans de traitement, un pourcentage de patientes a tendance à rechuter et à présenter des rechutes tardives. On a donc testé des durées de traitement plus longues (10 ans, 15 ans), avec un bénéfice pour beaucoup de patientes", précise le Dr Cottu. 70% des femmes atteintes d'un cancer du sein sont traitées par hormonothérapie.

Un suivi perfectionné

En quoi consiste le suivi après un cancer du sein ?

L'Institut Curie a mis en place une nouvelle organisation pour que la surveillance après un cancer du sein soit la plus efficace possible.

Depuis l'annonce de la maladie, et tout au long du parcours thérapeutique les femmes ont souvent besoin d'être accompagnées par un psychologue qui peut aussi recevoir le conjoint lorsque la maladie perturbe le couple.

Certains instituts de cancérologie proposent aussi les services d'une esthéticienne qui pourra seconder la femme dans son parcours et dans la réappropriation de son corps.

Les thérapies ciblées

Palbociclib est le nom de cette nouvelle thérapie ciblée

Les thérapies cibliées sont des voies très intéressantes pour enrayer le processus de développement de la tumeur. Il en existe dans le cadre des cancers HER2 positif. Le trastuzumab, une thérapie ciblée, empêche au terme d'une cascade d'évènements, le développement des cellules cancéreuses.

Le palbociclib, dans les cancers du sein métastasé et hormono-dépendant

Un nouveau médicament, le palbociclib, a obtenu une autorisation de mise sur le marché le 17 novembre 2016. Il s'adresse aux patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique et hormono-dépendant.

Le palbociclib cible précisément les cellules malades. Les cellules cancéreuses prolifèrent de manière incontrôlée. Le médicament bloque deux enzymes présentes dans le noyau de la cellule : le CDK4 et le CDK6 qui permettent le renouvellement cellulaire. La multiplication va s'arrêter et les cellules cancéreuses vont mourir petit à petit.

"Quand on rajoute le palbociclib aux traitements anti-hormonaux, on double le temps d'efficacité du traitement. On permet à des patientes en moyenne de vivre deux ans avec leur traitement et sans évolution de la maladie alors qu'avec l'hormonothérapie seule, ce serait uniquement un an", explique le Dr Mahasti Saghatchian, oncologue.

Pour le moment, les patientes retirent leur médicament à l'hôpital. Le palbociclib a reçu une autorisation de mise sur le marché. Il est indiqué dans certains types de cancer, avancé, hormondépendant mais HER2 négatif, chez les femmes ménopausées (source : HAS).

Les bienfaits de la danse-thérapie

Pendant les traitements, il est recommandé aux patientes de faire de l'activité physique pour tenter de limiter les effets secondaires et garder, autant que possible, le moral. En traitement ou en rémission, certaines femmes se retrouvent ainsi pour des séances de danse. Objectif : se réapproprier un corps malmené par la maladie et les traitements.

Les cours proposés ne sont pas des cours de danse comme les autres. Il s'agit de la danse-thérapie, particulièrement adaptée aux femmes souffrant d'un cancer du sein. "Quand on a été opérée, on a une attitude de protection du sein qui va modifier la posture. On va donc rééduquer la posture, on va ramener l'épaule vers l'arrière, on va renforcer les fixateurs des omoplates... Mais chacune à son rythme, chacune dans son amplitude et chacune à sa façon", explique Ghislaine Achalid, éducateur médico-danse thérapeutique.

Se réapproprier son corps, regagner en féminité... la danse est aussi un moment de plaisir et d'évasion. Les ateliers danse sont proposés gratuitement par la Maison des patients de l'Institut Curie.

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