Cancer du sein : 5 informations à connaître

Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes. Mais pris en charge tôt, il se guérit dans 9 cas sur 10. Connaître les signes d'alerte, les facteurs de risque et les modalités de dépistage est donc primordial pour agir vite.

Dr Charlotte Tourmente
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Cancer du sein : 5 informations à connaître
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Une boule dans le sein n'est pas le seul symptôme

"Une grande partie des cancers du sein est dépisté avant même les signes cliniques, ce qui permet de découvrir des tumeurs de petite taille", estime le Professeur Jean-Yves Pierga, cancérologue à l'Institut Curie.   

Si une boule au niveau du sein est le signe le plus fréquent, il existe d'autres signes, plus rares qu'il faut connaître. En effet, une femme sur six présente d'autres symptômes qu'une boule dans le sein, d'après la revue Medscape.

 "Le mamelon peut présenter des anomalies" confirme le Pr Pierga. "La plus flagrante est une rétraction du mamelon mais il peut s'agir d'un écoulement même s'il est rare, ou de lésions croûteuses."   

Il peut aussi y avoir des douleurs au niveau du sein, des lésions au niveau de la peau (ce que l'on appelle une peau d'orange par exemple),  au encore un mal de dos. La présence d'une boule au niveau des ganglions de l'aisselle doit également alerter.   

"Les formes très inflammatoires, touchent 2 à 3% des cas des femmes, le plus souvent jeunes" ajoute le cancérologue. "Elles se manifestent par une rougeur du sein ou un œdème. C'est important de connaître ces signes car ils sont souvent confondu avec une infection, comme une mastite."

Plus le cancer est détecté tôt, meilleur est le pronostic

Les femmes concernées par la présence d'une boule ou d'un autre symptômes tardent souvent à consulter, alors que le pronostic de la maladie dépend de la rapidité de prise en charge.

"Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes, rappelle le Pr Pierga. Une femme sur 8 ou 9 sera frappée au cours de sa vie, mais le pronostic s'est heureusement amélioré." Ainsi, quand il est dépisté tôt, le cancer du sein se guérit dans 9 cas sur 10.

Il est donc fondamental de connaître les symptômes et surtout de suivre les recommandations du dépistage adapté à son âge et à ses facteurs de risque.

À chaque âge son dépistage

Entre 25 et 49 ans, en l'absence de facteur de risque, un suivi annuel est recommandé tous les ans auprès d'un généraliste, d'un gynécologue ou d'une sage-femme.   

Entre 50 et 74 ans, le dépistage national recommande une mammographie tous les deux ans. Elle est dans ce cadre prise en charge à 100% par l'assurance maladie. Entre deux mammographies, un examen clinique avec palpation des seins est à faire auprès d'un généraliste ou gynécologue tous les ans.   

 Au-delà de 74 ans, l'examen clinique annuel, avec palpation, est suffisant.  

"La démonstration du bénéfice de l'autopalpation n'est pas évidente, donc elle n'est pas recommandée officiellement", ajoute le Dr Pierga.   

En cas de facteurs de risque, comme des antécédents familiaux, la surveillance est adaptée de façon individuelle quel que soit l'âge.

L'ablation du sein n'est pas toujours nécessaire

"Le dépistage a une utilité" explique le Dr Pierga. "On ne peut pas éluder la question du sur-diagnostic, mais s'il y a une diminution franche de la mortalité par cancer du sein depuis le milieu des années 90, c'est dû aux progrès des traitements mais aussi au dépistage."   

D'après la Ligue contre le cancer, s'il est détecté assez  tôt, ce cancer peut non seulement être guéri dans plus de 9 cas sur 10 mais aussi être soigné avec des traitements moins agressifs et moins mutilants. Dans deux tiers des cas, il n'est pas nécessaire de retirer tout le sein et seule une partie du sein est enlevée, c'est ce que l'on appelle une tumorectomie. 

Âge, antécédents, densité mammaire... il existe plusieurs facteurs de risque

Les facteurs de risque du cancer du sein sont bien connus. Il s'agit tout d'abord d'un âge supérieur à 50 ans, d'un antécédent personnel ou familial de cancer du sein, de certaines prédispositions génétiques, comme les mutations BRCA1 ou 2, mais aussi de règles précoces, d'un âge de première grossesse tardif ou de ménopause tardive.

"On ne peut pas faire grand-chose pour éviter un cancer du sein", estime le Dr Pierga. "C'est ce qui provoque souvent un sentiment d'injustice ou de culpabilité chez les patientes. Les facteurs évitables, sur lesquels on peut jouer, représentent 40% seulement et il s'agit du tabac, de l'exercice physique, du surpoids et de l'alcool, pour lequel le risque est augmenté à partir d'un verre par jour."   

D'après le spécialiste, d'autres facteurs moins connus augmentent le risque :  "Plus on a les seins denses, quelle que soit la taille des seins, plus le risque est augmenté. Les perturbateurs endocriniens jouent un rôle, en se fixant au niveau du tissu graisseux mais leur impact réel est difficile à préciser."   

Le traitement substitutif de la ménopause, est par ailleurs connu pour augmenter le risque, plus ou moins selon le type d'hormone utilisé. Il est réservé aux femmes présentant des symptômes de ménopause invalidantes et doit n'être prescrit que sur une courte durée.

Et la pilule contraceptive ? "Elle n'est pas clairement identifiée comme facteur de risque, les études sont contradictoires" répond le Dr Pierga. "Mais chez une personne qui a eu un cancer du sein ou qui a un risque élevé de cancer, on la déconseille."

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