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Grossesse et allergies : quels traitements ?

C'est bien connu, la grossesse contre-indique un certain nombre de médicaments. A l'annonce d'un heureux évènement, de nombreuses femmes renoncent au traitement de leur allergie, qu'elle concerne les pollens, les aliments ou encore l'asthme. Un constat vivement regretté par les médecins puisque l'affection peut être soulagée durant la grossesse, sans porter atteinte au bébé. Le point avec le Dr Claudie Mouton, allergologue.

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Grossesse et allergies : quels traitements ?
Grossesse et allergies : quels traitements ?

L'allergie chez les femmes enceintes est imprévisible : "On ne peut jamais prévoir comment elle évoluera d'une femme à l'autre et même d'une grossesse à l'autre. Elle peut s'aggraver, stagner ou s'améliorer", explique le docteur Mouton. Dans ce dernier cas, l'influence hormonale est alors grande : le stress joue un rôle important dans le déclenchement des allergies et la progestérone, l'hormone sexuelle sécrétée durant la grossesse, est connue pour son effet apaisant, qui diminue le stress.

Asthme, comment le traiter ?

Le traitement de l'asthme repose sur les béta mimétiques, qui dilatent les bronches, des médicaments qui sont autorisés chez la femme enceinte, tout comme les corticoïdes : "Pourtant, certaines femmes ne se soignent pas durant leur grossesse", regrette le Dr Mouton. Une crise d'asthme est mauvaise pour le bébé puisqu'elle diminue la ration d'oxygène du fœtus. Il est donc vivement recommandé de ne pas interrompre son traitement. Une consultation en début de grossesse permettra de faire le point et d'être rassurée sur ce point. 

Selon l'allergologue, cumuler la fatigue de la grossesse et de l'allergie est une mauvaise idée : "La femme enceinte doit se soigner, il n'y a pas de contre-indication !" s'exclame-t-elle. L'automédication est hors de question mais un médecin pourra prescrire des médicaments qui n'ont pas de retentissements sur le fœtus.

Le traitement des allergies repose sur les anti-histaminiques, qui s'opposent à l'histamine, une substance-clé dans le mécanisme allergique. "Pratiquement tous les médicaments sont donnés,  même si dans le Vidal les anti-histaminiques sont contre-indiqués. On les donne aux femmes enceintes, en évitant ceux qui sont sédatifs parce qu'il n'y a jamais de problème". Elle conseille en revanche d'éviter les dernières générations, autrement dit les molécules les plus récentes, comme la bilastine qui nécessitent davantage de temps pour prouver leur innocuité durant la grossesse.

De même, les corticoïdes, autre catégorie essentielle dans le traitement, sont autorisés, par voie nasale, oculaire et en comprimé. Mais attention en cas de rhinite provoquée par une allergie aux pollens : "Les seuls médicaments qui ne doivent pas être utilisés sont les vasoconstricteurs chez la femme enceinte", commente l'allergologue. Il s'agit par exemple de l'éphédrine ou de la phényléphrine (Humoxal®), ou de l'oxymétazoline (Aturgyl®).

Quant à la désensibilisation, elle n'est jamais débutée chez une femme enceinte puisque le traitement peut être décalé 9 mois plus tard. Elle peut toutefois être poursuivie si elle a été commencée avant la grossesse.

Bien évidemment, les précautions pratiques sont indispensables : les agents responsables de l'allergie (aliments, acariens, poussière, poils d'animaux…) sont à éliminer autant que possible.

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