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L'obligation du port du masque à l'extérieur étendu à de nouvelles villes

Pour la deuxième journée consécutive, le 16 août 2020, la France a enregistré plus de 3 000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures. Des chiffres inquiétants qui justifient un durcissement des mesures pour lutter contre l’épidémie.

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le

A quelques jours de la rentrée, de nombreux indicateurs concernant la Covid-19 sont au rouge. Le 16 août 2020, la France a enregistré 3 015 nouveaux cas en 24 heures, ce qui porte à 218 536 le nombre de cas confirmés. La veille, on avait enregistré 3 310 nouveaux cas, selon Santé Publique France. Le 16 août 2020, la France comptait 4 860 patients hospitalisés dont 376 en réanimation.

"Situation est très préoccupante"

"En tant que médecin, je pense que la situation est très préoccupante, en tant que citoyen, j'ai peur, je ne suis pas certain qu'on retrouve le monde d'avant", a déclaré le 15 août sur BFMTV le professeur Xavier Lescure, spécialiste en maladies infectieuses à l'hôpital Bichat (Paris). 

Face à la remontée du nombre de cas de contaminations, de plus en plus de grandes villes et de communes touristiques imposent le port d'un masque dans la rue, notamment sur les marchés ou certaines artères très fréquentées.

Le 14 août, un arrêté de la préfecture de Charente-Maritime l'impose ainsi sur l'île de Ré et dans certains espaces publics à Saintes et Saint-Georges d'Oléron, après une décision similaire pour Fouras, Saint-Denis d'Oléron et Châteaux d'Oléron. Se couvrir la bouche et le nez est aussi obligatoire sur les marchés en plein-air et braderies du Var et depuis ce 17 août dans une partie des rues de Toulon. C'est aussi le cas depuis ce matin dans certaines rues et marchés à Sète et Angers.

Durcissement des mesures à Paris

A Paris, les zones où il est obligatoire de porter un masque ont été étendues depuis le 15 août à 8h. Une partie des Champs-Elysées, le quartier du Louvre et celui des Batignolles sont désormais concernés par cette obligation. En effet, « le taux de tests positifs s’établit à 3,6% en Ile-de-France contre 2,4 en moyenne nationale » indique un communiqué de la ville de Paris. Depuis la mi-juillet, près de 600 personnes de la région Ile-de-France sont chaque jour testées positives au Covid-19.

Par ailleurs, dans la capitale, les rassemblements de plus de dix personnes sont interdit si le respect des gestes barrières n’est pas garanti. « Les contrôles sont renforcés dans l’espace public, les transports et les bars restaurants » précise le communiqué de la ville de Paris.

"On a fait un premier pari, celui de s'en tenir aux zones denses ; si ça ne marche pas, nous (étendrons cette obligation) sur tout Paris", a confié Anne Souyris, adjointe à la mairie de Paris en charge de la Santé publique, interrogée sur BFMTV. Paris est classée en rouge depuis le 14 août 2020, comme les Bouches-du-Rhône, département dans lequel la circulation du virus est active, où l'obligation du port du masque a également été étendue à Marseille à de nouveaux quartiers du centre et dans plusieurs villes touristiques.

Masque obligatoire en entreprise ? 

Mais les espaces publics en extérieur ne sont pas les seuls au centre de toutes les attentions. Les appels du monde médical se succèdent en faveur du masque dans certains lieux fermés fréquentés dans un cadre professionnel ou non. C'est le cas du Haut Conseil français de la santé publique (HCSP) qui en prône le port "systématique" dans "tous les lieux clos publics et privés collectifs".

Les conclusions du HCSP diffusées le week-end du 15 août découlent de l'étude des publications "décrivant les contaminations survenues dans des espaces publics clos (restaurant, bus, bateaux de croisières, répétitions de chorales, etc.) et certains milieux professionnels (abattoirs, etc.)".

Le gouvernement devrait dès demain mardi préciser les régles concernant le port du masque en entreprise. 

"Encourager le télétravail"

"Il est urgent de rendre obligatoire le port du masque dans tous les espaces clos, dans tous les bureaux, dans toutes les salles de classe et amphithéâtres et aussi d'encourager sans ambiguïté le télétravail, les cours à distance et la réorganisation de classes avec des effectifs moins nombreux", écrivent également dans une tribune publiée le 14 août 2020 par Libération une vingtaine de professeurs et docteurs en médecine, appelant à une "prise de conscience" avant la rentrée.

Imposer le masque dans tous les lieux collectifs clos "est une question de cohérence", jugent la vingtaine de professionnels de santé dans ce texte publié en ligne par Libération, alors qu'il est obligatoire depuis le 20 juillet dans les lieux publics clos (commerces, services publics, etc.).

"On peut freiner l'épidémie"

"Le virus ne pense pas, ne se déplace pas, ne saute pas", a souligné pour sa part la Direction générale de la santé dans son bilan quotidien le 14 août 2020. "C'est nous qui nous déplaçons, qui entrons en contact avec d'autres, qui parfois nous relâchons en termes de prévention. Il n'y a pas de fatalité".

Sur France Inter le 14 août, Jérôme Salomon s'est toutefois voulu optimiste: "on peut freiner l'épidémie et mettre fin à des clusters à risque", a-t-il dit en citant le cas de la Mayenne, département où plusieurs foyers de Covid-19 avaient été identifiés. "Les Mayennais se sont mobilisés, ont observé l'ensemble des gestes barrières, ont accepté de se faire tester massivement : ça a marché ! ".