Covid : l’isolement prolongé de 7 à 10 jours

Le ministère de la Santé a décidé de prolonger la durée de l’isolement en cas de contamination au Covid. Cette mesure devrait éviter des restrictions plus fortes à l’avenir.

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le
Image d'illustration
Image d'illustration  —  Crédits Photo : © Shutterstock / Africa Studio

Avec plus de 22.000 nouveaux cas confirmés ces dernières 24 heures, la progression des variants et une tension toujours forte sur les hôpitaux (plus de 3.300 patients en réanimation), "relâcher notre vigilance maintenant, c'est courir le risque des contraintes plus fortes dans un avenir proche", a déclaré le 18 février le ministre de la Santé lors de son point hebdomadaire.

A lire aussi : Quand lever l’isolement pour les malades guéris du coronavirus ?

 Des variants plus contagieux

Le variant britannique représente désormais au moins 36% des tests positifs et les variants sud-africain et brésilien 5%, a-t-il indiqué. Avec le risque qu'ils refassent flamber l'épidémie. 

Face à des variants plus contagieux, le ministre a annoncé que la période d'isolement de tous les cas positifs passerait de sept à dix jours, à partir du 22 février.

La répartition de ces variants est toujours hétérogène, avec des pics en Moselle (variant sud-africain), où la situation s'améliore un peu. A Dunkerque, le variant britannique représente désormais 72% des cas, selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.

A lire aussi : Covid 19 : la progression du variant britannique s’intensifie

Dunkerque : de la vague à la marée

"On n'est clairement plus sur une vague, on est sur ce qu'on peut appeler une marée", a prévenu le Dr Christophe Couturier, responsable des urgences de l'hôpital de Dunkerque. Et malgré une mobilisation "exemplaire" du personnel, le médecin craint tout simplement "que la digue lâche".

A Dunkerque, le taux d'incidence atteint désormais 600 cas pour 100.000 habitants, contre une moyenne nationale sur une semaine de 190. La situation étant également "particulièrement inquiétante" dans les Alpes-Maritimes (incidence proche de 600), Olivier Véran a annoncé qu'il se rendrait à Nice le 20 février.

Les deux prochains mois vont être délicats car "on est encore en hiver et on sait que les virus respiratoires aiment cette période", a prévenu sur France Inter l'épidémiologiste suisse Didier Pittet, président de la mission indépendante nationale sur l'évaluation de la gestion de la crise Covid en France.

De nouveaux outils de lutte

Cet épidémiologiste s'est pourtant dit "optimiste" face aux derniers chiffres de l'épidémie en France, un "plateau stable", mais "relativement élevé".

Dans ce contexte, les tests salivaires sont les bievenus. Les dépistages vont commencer dans les écoles après les vacances et vont être étendus à d'autres catégories comme les soignants, a indiqué Olivier Véran.

1 million de français vaccinés

Côté vaccination, 2,4 millions de personnes ont reçu une première injection. La France vient de franchir la barre du million de vaccination.

Petit bémol, seulemlent 30.000 médecins libéraux, essentiellement des généralistes, se sont portés volontaires pour vacciner dans leurs cabinets à partir du 25 février leurs patients de 50-64 ans risquant de développer des formes graves de Covid.

"L'engouement est là", a toutefois assuré Olivier Véran, espérant pouvoir ouvrir "entre fin mars et mi-avril" la vaccination aux personnes entre 65 et 74 ans.

Des vaccinations en entreprise

Les 50-64 ans présentant des comorbidités pourront être vaccinés en entreprise par la médecine du travail "sans doute" dès fin février, a indiqué de son côté le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski.

Une possibilité offerte par le vaccin AstraZeneca, moins cher et plus facile à stocker que ses concurrents à ARN messager, même s'il est jugé moins efficace et suscite la méfiance dans plusieurs pays d'Europe.

L'auto-isolement des personnes fragiles et âgées

Alors que les jeunes et les étudiants vivent de moins en moins bien la crise sanitaire, des membres du Conseil scientifique estiment qu'il ne faut plus enchaîner les confinements mais plutôt opter pour un "contrat social" entre générations, où les plus âgés et fragiles accepteraient de s'auto-isoler. Une idée à la "faisabilité très discutable", pour le ministre de la Santé.