Covid-19 : « la deuxième vague a débuté »

En France, tous les indicateurs de l'épidémie sont à la hausse ce qui laisse penser à des spécialistes que la seconde vague est déjà là.  

La rédaction d'Allo Docteurs
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Rédigé le , mis à jour le
Covid-19 : « la deuxième vague a débuté »

L'épidémie de Covid-19 repart à la hausse comme l'atteste le dernier bilan de la Direction générale de la Santé. Ces dernières 24h, 2524 nouveaux cas ont été confirmés, 11 633 en une semaine, des déclarations en hausse. 606 487 tests ont été réalisés avec un taux de positivité de 2,2%. 

Pour le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation de l’Hôpital Raymond Poincaré (92),  ces données sont à prendre au sérieux. Il craint une remontée forte et violente de l’épidémie.

La rédaction d'Allodocteurs.fr : On constate une augmentation du nombre des contaminations. Le virus continue de circuler. Est-ce que la deuxième vague est à craindre ou est-ce qu’on est déjà entrain de l’affronter ?

Pr Djillali Annane : Je considère que la deuxième vague a débuté, il y a une quinzaine de jours. L’évidence est sous nos yeux. On est au pied de la vague dans une phase exponentielle. Depuis un mois, il y a une accélération mondiale et européenne. La France n’y échappe pas et cette augmentation n’est pas liée au nombre de personnes testées. A ce stade de l'épidémie, on ne devrait plus parler de cluster, ce terme est aujourd'hui risible.

« Je crains que l’on ait plus de patients à gérer.  »

rédaction d'Allodocteurs.fr :  Qu’est-ce qui différencie la première de cette deuxième vague ?

Pr Djillali Annane : La situation est similaire à celle de février. Dans notre hôpital, la semaine dernière, on a réouvert 6 lits dédiés aux patients atteints de Covid. Ils sont déjà tous remplis. Ce qui change dans cette deuxième vague, c’est la dynamique mondiale avec les déplacements des uns et des autres qui va amplifier le nombre de cas. Je crains que l’on ait plus de patients à gérer.

La rédaction d'Allodocteurs.fr : Selon vous, comment est-on arrivé à cette situation ?

Pr Djillali Annane : Beaucoup de cette crise est lié à la mauvaise communication. Il faut de l’exemplarité et un message clair et simple.
Il ne devrait pas y avoir de demi-mesure. Par exemple, concernant le port du masque, on a le sentiment que les Français vont bientôt devoir prendre un GPS pour circuler !

La rédaction d'Allodocteurs.fr :  Que préconisez-vous pour limiter la circulation du virus ?

Pr Djillali Annane : Je suis pour la généralisation du port du masque à l’extérieur et oui, il faut avoir le courage de réguler l’accès aux plages, aux parcs et autres lieux de rassemblements. Ce sont ces endroits qui ont contribué à l’accélération du virus. Quand je vois que 1 million de personnes prennent le train ce weed-end pour se rendre en vacances, je me dis qu’on est en plein risque expérimental du nombre de contaminations.

La rédaction d'Allodocteurs.fr : Les données de Santé Publique France révèlent ces dernières semaines que la contamination est plus importante chez les 15-40 ans. Il se trouve que c’est la tranche d’âge où il y a le plus de cas asymptomatiques. Faut-il tester donc tout le monde ?

Pr Djillali Annane : C’est encore d’actualité, il faut continuer de faire les tests même si on a un taux de 30% de faux négatifs.