Lymphome résistant : l'espoir d'un nouveau traitement

Pour traiter les lymphomes, la chimiothérapie est largement prescrite en première intention. Mais pour ceux qui récidivent, les médecins se tournent vers l’immunothérapie.

Gabriel Bray
Rédigé le , mis à jour le
Lymphome résistant : l'espoir d'un nouveau traitant
Lymphome résistant : l'espoir d'un nouveau traitement  —  Magazine de la Santé

Il y a un an et demi, la vie de Serge Gnahoui a basculé, il avait alors seulement 35 ans. Il ressent à ce moment une grande fatigue, souffre de vertiges et de hoquets à répétition et les symptômes s’aggravent brutalement. 

"Je me suis déplacé aux urgences, parce que j’avais observé une boule, au niveau du cou", explique Serge Gnahoui.

Ce ganglion permet de poser très vite un diagnostic, à la suite d’une biopsie. Serge est atteint d’un lymphome B à grandes cellules. Face à la progression de la maladie, le corps médical lui propose d’entamer très vite un traitement

"On m’a proposé une chimio, qui s’appelle R-Shop. Suite à cela, on a fait des Tep Scan pour observer l’évolution de la maladie, grâce à cette chimio", confie Serge Gnahoui. 

De la thérapie génique pour combattre le cancer

Quelques mois plus tard malgré le traitement, le lymphome récidive. Les médecins proposent alors à Serge des CART cells. Il s'agit d'une thérapie génique. Des globules blancs du patient, les lymphocytes T, sont prélevés, modifiés génétiquement pour détecter et détruire plus facilement les cellules malades. 

Six mois après l’administration, seuls 50 % des patients traités obtiennent une réponse complète. L’hôpital Henri Mondor expérimente un nouveau traitement pour ces patients qui n’ont pas répondu aux CarTcells. 

Des médicaments innovants

Ce traitement novateur s’appelle l’anticorps bispécifique. Une fois injectées, le traitement va s’accrocher aux cellules malades et attirer les gendarmes du système immunitaire, les lymphocytes T.

Grâce à cette liaison, les lymphocytes ont plus de facilité à cibler les cellules cancéreuses et à les détruire en entraînant la libération de médiateurs. Ces derniers entraînent aussi une réponse plus générale du système immunitaire. 

Serge bénéficie de ce traitement depuis un mois. Il vient très régulièrement dans ce service pour vérifier l’évolution des ganglions. 

"J’examine le patient en cherchant un syndrome tumoral. Je regarde s’il y a des ganglions au niveau des aires ganglionnaires classiques. En fait, l’adénopathie qui était là initialement a visiblement disparu avec le traitement", précise le Dr Louise Roulin.

Bientôt élargi à d'autres types de lymphomes ?

Une fois l’examen clinique effectué et le bilan biologique contrôlé, le traitement peut être commandé à la pharmacie. Deux heures plus tard, la poche d’anticorps bispécifiques est prête. Le traitement peut être injecté en intraveineuse ou en sous-cutané. 

Au total, 11 injections seront réalisées. Aujourd’hui, cette thérapie est au stade d’étude clinique dans laquelle sont inclus 78 patients. Il y a l’espoir que ce traitement puisse être étendu à d’autres types de lymphomes.

"Il y a des perspectives intéressantes pour ce genre de médicaments puisque l’idée dans les protocoles à venir est de l’associer à la chimiothérapie, dès le début, notamment lorsqu’on a des critères qui nous font dire que la maladie risque d’être résistante à la chimiothérapie", conclut Louise Roulin.

Les résultats sont attendus à la fin de l’année 2023.