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Loi anti-IVG en Alabama : les femmes contre-attaquent

L'Etat d'Alabama, aux Etats-Unis, vient d'adopter la loi américaine la plus restrictive sur le droit à l'avortement. Mais la résistance s’organise sur les réseaux sociaux.                

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Loi anti-IVG en Alabama : les femmes contre-attaquent
Loi anti-IVG en Alabama : les femmes contre-attaquent

Le droit à l’avortement recule aux Etats-Unis. La gouverneure de l'Alabama, Etat conservateur du sud des Etats-Unis, a promulgué mercredi 15 mai la loi anti-avortement la plus stricte du pays : le texte interdit la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse, même en cas d'inceste ou de viol. Il criminalise aussi la pratique, en prévoyant des peines de prison à vie pour les médecins qui violeraient la loi.

Le texte provoque une levée de boucliers dans l'opposition démocrate et dans de larges pans de la société américaine.

Un texte de loi voté exclusivement par des hommes

22 sénateurs, tous des hommes blancs, ont voté cette loi. Il faut dire que dans cette assemblée d’Alabama, il n’y a que 4 femmes sur 35 sénateurs... Leur photo tourne en boucle sur Twitter et provoque des réactions ironiques des internautes. Jusqu'en France.

 

 

Les femmes montent au créneau

Les réactions des femmes à la promulgation de cette loi ne se sont pas faites attendre. La voix de l’actrice américaine Busy Philipps, connue pour ses prises de position féministes outre-Atlantique, a particulièrement porté. "Les statistiques disent qu’une femme sur quatre avortera avant l'âge de 45 ans ", a-t-elle déclaré récemment à la télévision américaine, faisant référence à une étude publiée dans l'American Journal of Public Health. "Ce chiffre surprend parfois les gens, et vous vous dites peut-être : " Je ne connais pas de femme qui se ferait avorter ". Eh bien, tu me connais moi."

Elle a également twitté :

 

"1 femme sur 4 s’est faite avorter. Beaucoup de gens pensent ne pas connaître quelqu'un qui l'a fait, mais #YouKnowMe. Alors faisons ceci : si vous êtes aussi le 1 sur 4,  partagez et commencez à mettre fin à la honte."

#YouKnowMe

Le Hashtag de l'actrice #YouKnowMe est rapidement devenue viral : des centaines de femmes ont commencé à partager leurs histoires d’avortement.

Les témoignages évoquent un large éventail de raisons pour lesquelles les femmes choisissent de se faire avorter : des problèmes financiers, leur trop jeune âge, voire des agressions sexuelles ou de la violence domestique.

"Ma fille avait un an et je savais financièrement que je ne pouvais pas me permettre d’avoir un autre bébé, écrit une femme. C’est la décision la plus difficile, la plus douloureuse et la plus profondément personnelle que j’ai prise dans ma vie. Le gouvernement qui s'immisce dans des affaires aussi privées, c'est ridicule #YouKnowMe. "

Une autre femme raconte son d’avortement, en 1966, avant la loi qui a légalisé l’avortement aux États-Unis.

"#YouKnowMe. Ruelle. Cathéter et cintre. J'avais 19 ans, c'était en 1966. Je ne suis pas morte. Mais j'aurais pu. »

La restriction du droit à l’avortement gagne du terrain aux Etats-Unis

Depuis le début de l’année, 28 États américains (sur 50) ont mis en place plus de 300 nouvelles règles afin de limiter l’accès à l’avortement.

Hillary Clinton, l'ex-candidate à la présidentielle américaine 2016, a réagi :

"Aucune de nous ne devrait accepter un avenir dans lequel nos filles et nos petites-filles auront moins de droits que nous n'en avons eus".

L'actrice féministe Alyssa Milano, elle, a fait une proposition radicale pour contrer les avancées des pro-vie aux Etats-Unis : elle appelé à une grève du sexe jusqu’à ce que les femmes retrouvent "le droit de disposer de leur corps".

Objectif Cour suprême

Les républicains du Sud des Etats-Unis ont lancé une grande offensive contre le droit à l'avortement avec l'objectif affiché de faire revenir le sujet à la Cour suprême. La bataille judiciaire s'annonce âpre.

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