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Fausses couches : comment les prendre en charge ?

C'est sujet souvent tabou, qui touche pourtant une femme sur quatre. Les explications de la Dre Clémence Baudouin, médecin urgentiste.

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"Fausses couches : comment les prendre en charge ?", chronique de la Dre Clémence Baudouin, médecin urgentiste, du 2 mai 2019

Les femmes et les couples qui font face à une fausse couche se sentent souvent très peu préparés à cette situation. Ils ressentent de la culpabilité, de l'inquiétude, et ils n'osent pas toujours en parler. La fausse couche est pourtant un événement très fréquent : une fausse couche spontanée complique 10 à 20% des grossesses. En France, cette complication touche 200.000 femmes par an. Il est donc important de savoir qu'elle reste une éventualité en cas de grossesse, pour mieux s'y préparer.

Qu'est-ce qu'une fausse couche ?

C'est un arrêt spontané de la grossesse. L'activité cardiaque et le développement de l'embryon sont stoppés, et, après quelques jours, voire quelques semaines, surviennent des saignements. La plupart du temps, les fausses couches surviennent dans les trois premiers mois, voire dans les toutes premières semaines. Plus rarement, elles surviennent entre trois et cinq mois. Avant cinq moi, le foetus est considéré comme non viable. Au-delà, on parle d'accouchement prématuré.

La cause la plus fréquente est une anomalie chromosomique. Celle-ci se "fabrique" toute seule au cours de la fécondation. L'oeuf qui se forme n'est pas viable, et la grossesse s'arrête d'elle-même. Rien n'est du ressort de la mère.

Le risque de voir se former cette anomalie augmente avec l'âge de la femme. On estime qu'elle concerne 50% des grossesses après 40 ans. D'autres facteurs peuvent également entraîner une fausse couche, comme un problème d'implantation du placenta dans l'utérus, des anomalies utérines ou des infections.

Généralement, on ne réalise pas de bilan après une première fausse couche, car les grossesses suivantes se déroulent généralement sans problème. En revanche, en cas de fausses couches à répétition (c'est-à-dire plus de trois) ou de fausse couche tardive, un bilan est effectué pour rechercher une autre cause.

Quels sont les symptômes d'une fausse couche ?

Parfois, il n'y a pas de symptômes, et on le découvre à la première échographie. Le sac embryonnaire est vide, ou il n'y a pas d'activité cardiaque. Toutefois, deux grands symptômes à retenir sont les saignements et les douleurs. Quand la grossesse est évoluée, les saignements sont plus importants. Il peut y avoir des caillots, des débris, voire un oeuf...  Enfin, un dernier symptôme est la diminution des signes de grossesse : seins moins tendus, moins de nausées... 

En cas de saignements ou de douleurs, il faut consulter. Le traitement de la fausse couche se discute selon plusieurs critères :

  • Selon le stade de la grossesse et la taille du sac embryonnaire : le traitement est différent en cas de fausse couche précoce ou de fausse couche tardive.
     
  • Selon le stade de la fausse couche : parfois, l'expulsion a déjà eu lieu et semble être complète. Il n'y a dans ce cas pas de traitement ni de surveillance.
     

Parfois, l'expulsion n'est pas achevée. Il est possible d'attendre que la fausse couche s'achève naturellement : il n'y a pas d'urgence ou de risque d'infection, mais les saignements et les douleurs peuvent durer longtemps plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Que se passe-t-il après une fausse couche ?

Il faut rester tranquille les deux semaines suivantes, surveiller sa fièvre, ses saignements et ses douleurs. Il est conseillé de prendre rendez-vous de façon systématique avec son gynécologue un mois plus tard.

Un soutien psychologique peut alors être proposé, surtout en cas de fausses couches répétées ou tardives. Des associations comme par l'Agapa proposent un accompagnement et des témoignages.

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