Quand le réchauffement climatique angoisse

Se sentir impuissant, désemparé, jusqu’à en devenir angoissé : c’est un sentiment de plus en plus présent face au dérèglement climatique.

Alexandra James
Rédigé le , mis à jour le

L'anxiété face à la crise climatique

"Si on ne sait pas ce que peut devenir le monde, - si on ne sait pas ce qui peut nous arriver demain, si on ne sait pas si on pourra encore trouver à manger, à boire de l’eau, à nourrir tout le monde, comment est-ce possible d'envisager une vie même simple, continuer ses études, avoir un métier ?", s'interroge Romane, 21 ans.

"Quand je vois ce qu'il se passe globalement dans le monde, j’ai l’impression que tous mes efforts ne servent à rien", commente Sergei , 43 ans.

Impuissance et culpabilité

Les trois quart des 16-25 ans jugent l’avenir effrayant, et la moitié se sentent tristes, en colère, impuissants et même coupables. 

Parmi les éco-anxieux, Sixtine Dano est une dessinatrice de 25 ans. Elle a tracé les contours de sa peur, de sa solitude et de sa culpabilité en faisant un court-métrage d’animation. Elle y incarne la crise climatique sur le point d’exploser, dans une fuite d’eau. 

"Pendant un moment, j’avais beaucoup de colère envers des membres de ma famille, ils comprenaient le problème mais ils n'agissaient pas et ça ne faisait que me sentir plus impuissante", explique Sixtine.

"J’avais un grand sentiment de solitude, d’impuissance surtout. Je suis devenue végétarienne, zéro-déchet, je prenais le vélo. J'essayais de convaincre mon entourage. Les gens autour de moi n’allaient pas changer. Je me suis dit, ça va pas en fait, je vais pas bien et je ne peux pas mettre la faute sur les autres autour de moi", réalise Sixtine.

S’engager, un rempart contre l’éco-anxiété

Sixtine a réussi à canaliser toute cette frustration, non pas en se tournant vers une psychothérapie, mais en rejoignant un mouvement écologiste.

Les membres y partagent leurs angoisses collectivement et agissent pour le climat. 

"Quand j’ai trouvé un endroit pour me battre et pour pas avoir l’impression de rien faire face au monde qui crame, ça allait beaucoup mieux", explique Basile Mesré-Barjon, 25 ans.

"Trouver des activistes avec qui parler de tout ça, agir et faire la fête quand on a des victoires, c’est hyper important et ça aide carrément", renchérit Sixtine.

S’engager est un rempart contre l’éco-anxiété pour Sixtine, et pour beaucoup de jeunes qui ne comptent pas se laisser submerger.