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Crise d'angoisse : comment réagir ?

L’" attaque de panique" ou crise d’angoisse, est un état de stress aigu qui survient brutalement. Il peut donner l’impression d’étouffer, de mourir... Comment reconnaître les symptômes et aider les personnes concernées ? Réponses de notre spécialiste.

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Crise d'angoisse : comment réagir ?

C’est une crise qui arrive de façon souvent imprévisible. La personne a brutalement des sensations à la fois physiques et psychiques qui peuvent s'aggraver au point de le dépasser totalement.  

Sur le plan physique, les symptômes peuvent être très variés, le patient peut ressentir  : 

  • Des palpitations, une tachycardie, des douleurs thoraciques. 
  • Très souvent il y a une hyperventilation, le patient respire très vite, sans arriver à se calmer, il a la sensation d’étouffer.
  • Il peut ressentir aussi une sensation de malaise, de chaud et froid, de vertige , une sensation de boule dans la gorge ou au niveau de l'estomac.
  • Des tremblements, des fourmillements diffus, voire même une fome de tétanie, de contraction au niveau des mains par exemple.

Dans le même temps, il va également ressentir et exprimer des manifestations d’angoisse avec  : 

  • Une peur de mourir, une sensation de danger imminent, un sentiment d'angoisse un peu flou, sans objet précis, ou l’impression de ne plus être vraiment lui-même.

Tous ces symptômes sont vécus de façon extrêmement forte et difficile pour le patient, il ne comprend pas ce qui lui arrive et la difficulté c’est qu’il n’arrive pas à en avoir le contrôle. 

Y a t-il des personnes prédisposées à la crise d’angoisse ? 

Nous ne sommes pas tous égaux face au stress, il y a sûrement une part biologique qui fait que face à telle émotion ou situation, une personne réagira différemment. Certaines familles ont un terrain plus favorable et sont plus sensibles que d’autres. Mais les crises d’angoisse touchent d'une manière générale de 1 à 3% de la population. 

Elles sont 2 à 3 fois plus fréquentes chez la femme, et ça survient plus souvent chez les sujets jeunes (25-45 ans). Il y a souvent des appels pour des adolescents par exemple dans les collèges et lycées. 

Comment gérer ces situations  ?

Généralement quand le SAMU reçoit ce genre d'appels, c’est souvent la panique. Soit c’est la personne elle-même qui parle, soit, et c’est plus souvent le cas, l’entourage ou des "inconnus" présents à ses côtés. 

La demande peut être d’envoyer une équipe médicale au plus vite parce que le patient ou l’entourage pense qu'il s'agit d'un infarctus ou une crise d’asthme gravissime et qu’il va mourir, littéralement, puisqu’il le dit.  

Derrière ce tableau très alarmant, le rôle du SAMU est alors d'identifier s'il s'agit un problème médical ou d'une attaque de panique. En écoutant et en interrogeant, il y a souvent des éléments qui orientent clairement vers celle-ci  :  

  • Les symptômes présentés par le patient sont nombreux et mélangés, on dit qu’il y a presque " trop de symptômes" ou que l’interrogatoire est trop "riche".
  • Les signes cliniques décrits ne collent pas avec un problème médical comme une respiration entièrement déréglée alors que la crise d’asthme se manifeste surtout à l’expiration, ou une douleur thoracique dont les caractéristiques diffèrent vraiment de l'infarctus..
  • On trouve souvent aussi un contexte anxieux exprimé par le patient ou l’entourage.   

Si le patient a déjà fait des crises d’angoisse, avec des symptômes similaires, ou qu’il vit une situation difficile, ce sera plus simple d'évoquer avec lui ce diagnostic. C’est plus complexe par contre quand c’est la première fois que cela se produit. 

En tout cas, si les équipes ont le moindre doute, elles n’hésiteront pas à envoyer un moyen de secours, un médecin, voire une équipe médicale pour voir le patient, éventuellement faire un électrocardiogramme, et en tout cas évaluer.  

Comment réagir et quels conseils donner  ?  

Lorsque la situation ressemble plutôt clairement à une crise d’angoisse, elle va pouvoir se gérer avec le patient et avec l’entourage en les rassurant principalement.  

L'équipe explique alors au patient que les symptômes qu’il présente sont très difficiles à vivre mais qu’il n’y a pas de danger et qu’il va falloir qu’il arrive à respirer tranquillement pour que tout se calme petit à petit. Il n’y a que lui qui va pouvoir faire ce travail-là.  

En plus de réconforter le patient, l'équipe va aussi calmer l’entourage parce qu’il génère souvent lui même du stress . Avec la même pédagogie sur la crise d’angoisse, effectivement impressionnante, mais dont la fin peut être favorisée par une attitude rassurante. 

Comment aider le patient  :  

  • L’isoler et mettre à l’écart l’entourage trop anxieux ou trop nombreux, comme par exemple au collège ou lycée  (attaques de panique fréquentes chez les jeunes  !) . Faire sortir tout le monde  est d'autant plus important que le regard des autres est souvent difficile à vivre.
  • Il faut ensuite absolument qu’il se concentre sur sa respiration, c’est le plus important. Prendre de grandes inspirations, expirer et souffler le plus longtemps possible, continuer encore et encore. Centrer ses pensées seulement sur cela et empêcher les ruminations négatives de prendre le dessus. Une autre technique qu'on donne souvent aussi, c'est de respirer dans un sac ou dans ses mains : juste 20-30 secondes, de façon répétée si besoin.

Petit à petit, les symptômes vont diminuer et finir par céder. Généralement la crise passe en quelques minutes. Dans de rares cas elle peut durer plus longtemps jusqu’à 1 heure. 

Est-ce que la crise peut revenir  ?  

Dans un tiers des cas la crise va rester isolée (1 personne sur 20 va faire un jour une crise d’angoisse). Parfois cela va se répéter de manière rapprochée notamment quand il y a une période de vie difficile.  

Parfois le patient peut développer un trouble anxieux chronique avec une répétition des crises et des attaques de panique, à cause de l’angoisse générée par la crainte de refaire une crise.  

Quels conseils donner au patient pour éviter la récidive  ?  

Il faut bien sûr essayer de comprendre pourquoi il y a ces attaques de panique, repérer les situations qui créent de l’angoisse, voir s’il y a un travail à faire et notamment envisager une psychothérapie

Il y a aussi tout un travail qui va être d’une grande aide autour de la respiration et de la relaxation  : la sophrologie, l’apprentissage de la respiration contrôlée (thérapies comportementales), le yoga, toutes ces disciplines vont aider la personne aussi bien en cas de crise qu’au quotidien dans sa vie de tous les jours.  

En faisant des exercices régulièrement, en situation de calme, le corps s’habitue à ces mouvements, et s'il y a une sorte de "mémoire", le corps aura la ressource pour faire appel à ces exercices en cas de stress. Il faudra alors prendre une grande inspiration en gonflant le ventre, en bloquant la respiration, en expirant longtemps ….  

Les traitements médicamenteux  

Ils sont possibles s'il y a des attaques de panique répétées. On peut prescrire un anxiolytique à prendre au début de la crise pour éviter que la crise ne monte. ½ comprimé à faire fondre sous la langue. 

Si le patient connait une "période de stress", il peut recevoir un traitement court (quelques jours d’anxiolytiques par exemple pour retrouver sommeil et énergie). Il faut faire attention à ne pas créer de dépendance. Pour cela, il faut vraiment travailler plus en profondeur avec les médecines complémentaires, la sophrologie, et les thérapies pour réfléchir au mode de vie, aux blessures passées…

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