Victimes de l'amiante : le remboursement des indemnisations trop perçues devrait être annulé

Victimes de l'amiante : le remboursement des indemnisations trop perçues devrait être annulé

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, ont affirmé leur volonté de demander au Fonds d'Indemnisation des Victimes de l'Amiante (FIVA) un traitement de faveur pour les victimes de l'amiante concernées par des indemnisations surévaluées. Ces dernières ne devraient pas avoir à rembourser les sommes perçues.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Cela fait déjà 16 ans que la première plainte de victime de l'amiante a été déposée. Après des années de lutte, d'enquête, et des mois d'instruction, les victimes de l'amiante avaient gagné une reconnaissance de leurs pathologies et surtout une reconnaissance juridique associée à des indemnisations. Chaque personne qui avait été exposée à l'amiante et qui avait développé une maladie liée à son inhalation ou proche de victime pouvait faire une demande d'indemnisation.

Mais ces indemnisations ont été calculées trop généreusement puis diminuées de moitié. Résultat, en octobre 2011, les victimes déjà indemnisées étaient condamnées à rembourser le Fonds d'Indemnisation des Victimes de l'Amiante (FIVA). Cela concerne 350 foyers dans le Nord-Pas-de-Calais, 600 dans toute la France dont 57 avaient déjà reçu la demande de remboursement.

Une remise gracieuse

Ces victimes peuvent se rassurer, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a tranché : une remise "gracieuse" leur sera accordée, aucune victime ne devra rembourser les sommes perçues. Cette décision a été confirmée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

"J'attends d'entendre cette décision de mes propres oreilles", relativise Pierre Pluta, président de l'Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante (Andeva) qui doit rencontrer la ministre mardi 12 juin 2012. "Mais c’est un soulagement. Ces sommes à rembourser allaient de 3 000 à 28 000 euros. Jusque-là, nous étions harcelés par les huissiers pour payer ces sommes importantes et pour la plupart des cas, déjà dépensées."

Parmi les victimes de l'amiante, on trouve beaucoup d'ouvriers aux faibles retraites, qui ont dû parfois investir ces sommes pour aménager leur maison et l'adapter à leurs besoins. "Mais le combat n'est pas terminé", assure Pierre Pluta. "Nous exigeons à présent la condamnation pénale des responsables de ce scandale sanitaire comme cela a été le cas il y a quelques semaines en Italie. Nous attendons un effort aussi de la part des investissement en recherche. Pour l'instant, il n'y a pratiquement rien de fait en France, c'est scandaleux."

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