Obésité : le rôle du « second cerveau » situé dans le tube digestif

Des chercheurs français ont découvert une nouvelle voie par laquelle les régimes gras et sucrés favorisent l'obésité. Selon une équipe de recherche franco-allemande, ce type de régime favoriserait la vidange gastrique, entraînant ainsi une sensation de faim. Ces travaux ont été publiés dans The Journal of Physiology. 

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le
Obésité : le rôle du « second cerveau » situé dans le tube digestif

Un des éléments clé dans l'obésité serait donc ce "second cerveau" ou "mini-cerveau", situé dans l'oesophage. C'est  ce qu'une équipe de l'Inserm a mis en évidence.

Nous avons dans notre tube digestif un réseau de neurones qui contrôle les fonctions digestives, on l'appelle le système nerveux entérique (SNE). Ce système nerveux entérique est composé de plus de 100 millions de neurones et contrôle par exemple, le transit intestinal et la vidange gastrique.

Les chercheurs ont rendu des souris obèses en les soumettant à un régime gras et sucré, type "pizza-soda". Ils ont constaté que leur estomac se vidait plus vite, ce qui diminue les signaux de satiété et entraîne un besoin de manger encore.

Autre constat, chez les rongeurs obèses, les neurones du réseau digestif meurent moins vite que chez les souris normales. Tout se passe comme si une alimentation riche en lipides et en glucides empêchait le vieillissement physiologique de ce système nerveux. Un constat qui pourrait être approfondi pour prévenir, notamment pas la nutrition, certaines pathologies neurodégénératives.

Comme le précise Michel Neunlist, co-auteur de l'étude, "quels sont les nutriments qui ralentissent le vieillissement des neurones dans ce régime ? On ne le sait pas encore bien. Mais on sait que certains sucres peuvent induire des phénomènes de plasticité chez les neurones, car les neurones les reconnaissent. On sait qu’il y a une communication entre neurones et nutriments mais on ne sait pas encore très bien comment. Cela reste à identifier".

Ce concept doit encore être validé chez l'homme. Il permettra de mieux comprendre les mécanismes de l'obésité. 

Le mini cerveau de la faim avec Raphaël Moriez
(Unité Inserm 913 "Neuropathies du système nerveux entérique et pathologies digestives : implication des cellules gliales entériques" à Nantes)