L'hôpital psychiatrique de Clermont accusé de mauvais traitements

L'hôpital psychiatrique de Clermont accusé de mauvais traitements

Un rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) dénonce des dysfonctionnements d'un hôpital psychiatrique, le CHI de Clermont. Le quotidien Le Parisien a publié ces accusations aujourd'hui et créé la polémique. Problème... ce rapport date de l'automne 2009.

Stéphanie Rathscheck
Rédigé le

L’accusation a été reprise dans tous les médias : l’hôpital psychiatrique de Clermont souffre de dysfonctionnements, les patients, de mauvais traitements. A l’origine, les conclusions d’un rapport de l’IGAS publiées par nos confrères du journal Le Parisien.

Selon ce rapport, l’hôpital propose des conditions d’accueil "indignes", les bâtiments sont devenus vétustes, les pratiques soignantes "défaillantes".

Contacté par notre rédaction, François Maury, le directeur par intérim de l'établissement, tempère ces critiques : "ce rapport date de fin 2009. Il dénonçait des maltraitances institutionnelles, c’est-à-dire les conditions d’hébergement. En aucun cas il ne s’agit de maltraitance par le personnel."

"Dans un état inacceptable"

Plafonniers allumés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, mauvaises conditions sanitaires et vétustes, voici quelques uns des aspects particulièrement dénoncées dans le rapport de l’IGAS.

"Il est vrai que certains bâtiments étaient dans un état inacceptable. Mais depuis ce rapport, la direction a changé, trois unités ont été fermées, soixante lits ont été ouverts dans une nouvelle structure et cinquante autres ouvriront dans deux ans", précise François Maury.

Selon Le Parisien, le rapport accuserait aussi les médecin de laxisme et d’absentéisme et dénoncerait l’usage abusif de l’enfermement dans certains services.

"C’est du réchauffé !" s’énerve Alain Mougas, secrétaire général CGT du personnel de santé de l’Oise. "Ce rapport a été initié suite à une plainte d’une famille d’un patient. Depuis, le procureur a classé l’affaire et a reconnu nos difficultés à accomplir nos mission. Effectivement, il manque des médecins et des infirmiers. Il est vrai que nous ne pouvons pas offrir autant de sorties aux malades que nous le souhaitons. Mais cela fait des années que nous dénonçons le manque de moyens et qu’on nous refuse d'agrandir l'enveloppe annuelle pour répondre au problème. Aujourd’hui 75 % des bâtiments sont déclarés vétustes. Il faut 100 millions d’euros d’investissement pour rénover l’hôpital. Mais où trouver les fonds ? On va encore devoir réduire les effectifs."

Du personnel de grande qualité

Le directeur par intérim tient lui aussi à défendre le personnel : "depuis mon arrivée, je peux vous assurer qu’il y a ici des gens compétents et de grande qualité. Les propos de l'IGAS sont dépassés. Je me demande d'ailleurs pourquoi ils sont publiés aujourd’hui".

Avec près de 1 400 lits et 2 800 employés, l’hôpital de Clermont est un des plus gros centres psychiatriques de France. Conséquence heureuse de l’article ou non, le personnel a appris aujourd’hui le déblocage de 30 millions d’euros d’aides de l’état pour la réconstruction de l’établissement.