L'hôpital du Val-de-Grâce va-t-il fermer ?

L'hôpital du Val-de-Grâce, l'hôpital des chefs d'Etat, l'un des plus prestigieux de France est menacé. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l'a annoncé il y a quelques jours, pour faire des économies le Val-de-Grâce doit fermer. Depuis le XVIIIe siècle, cet établissement a pour vocation de soigner le personnel militaire. Il s'est progressivement ouvert aux patients civils. Aujourd'hui, le ministère de la Défense veut s'en séparer car il serait trop cher à rénover. Que va devenir le Val-de-Grâce ? Explications.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Jeudi 23 octobre 2014, personnel soignant et habitants du quartier manifestaient ensemble contre la fermeture de l'hôpital du Val-de-Grâce, une institution de la médecine militaire. Pour le grand public, le Val-de-Grâce est l'hôpital des présidents : Jacques Chirac y a été hospitalisé en 2005 après un AVC et Nicolas Sarkozy en 2007. Un établissement à l'excellente réputation, mais le bâtiment a vieilli.

La seule mise aux normes de sécurité coûterait 180 millions d'euros, trop cher pour le ministre qui préfère fermer l'hôpital et transformer l'établissement afin d'en faire un lieu de formation pour la médecine militaire mais également un lieu de la recherche militaire.

Mais derrière les questions budgétaires s'opère un changement de stratégie. Il s'agit de regrouper l'activité de santé militaire dans deux grosses structures plus modernes : l'hôpital Bégin pour les anciens combattants et l'hôpital Percy pour les polytraumatisés et les grands brûlés.

Autre objectif : au moment où la France est engagée dans de nombreuses zones de conflit, il faut pouvoir envoyer rapidement des équipes médicales auprès des soldats en opération. "Si vous regroupez les moyens par spécialité, vous donnez une plus grande disponibilité aux équipes constituées", explique Pierre Bayle, porte-parole du ministère de la Défense.

Mais cette restructuration inquiète, militaires et fonctionnaires veulent savoir où ils seront reclassés. Les négociations viennent juste de débuter avec les partenaires sociaux mais pour le service de santé des armées, la cible est claire : il faut supprimer 3.000 postes dans les années à venir pour tenir le budget.