Chikungunya : plus de 4.000 cas diagnostiqués en Polynésie française

Chikungunya : plus de 4.000 cas diagnostiqués en Polynésie française

"Au moins 4.000 à 5.000 cas de chikungunya" ont été diagnostiqués en Polynésie française, a indiqué ce 12 novembre le Dr Henri-Pierre Mallet, responsable du bureau de veille sanitaire de Papeete (Tahiti).

La rédaction d'AlloDocteurs
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Localisation de la Polynésie française (cc-by-sa Tubs)
Localisation de la Polynésie française (cc-by-sa Tubs)

Le chikungunya est un virus transmis par les moustiques. Il frappe la Polynésie française depuis moins d'une quarantaine de jours. Les 15 premiers cas, concentrés dans une commune du sud de Tahiti, ont été annoncés par les autorités sanitaires le vendredi 10 octobre. Cinq jours plus tard, l'archipel est passé au stade épidémique. Le ministère de la Santé local identifiait alors formellement 59 cas, 200 autres étant considérés comme "suspects".

Aujourd'hui, plus de 4.000 cas seraient donc recensés. Cette estimation porte toutefois sur les cas diagnostiqués par les médecins, et non ceux confirmés par prélèvement sanguin (cette procédure n'étant désormais plus préconisée par les autorités).

Pour l'heure, 65 hospitalisations et un "cas sévère" sont recensés par les autorités.

"On n'est sans doute pas encore au pic de l'épidémie, si l'on se base sur l'expérience des Antilles", observe le Dr Henri-Pierre Mallet.

Les urgences encombrées

Les urgences des hôpitaux connaissent une forte affluence. Dans le principal d'entre eux, le centre hospitalier du Taaone, "on reçoit 70 à 80% de patients en plus depuis six jours", indique à l'AFP un médecin urgentiste qui souhaite rester anonyme.

Cet hôpital a bien créé une filière courte de consultation, pour traiter à part le chikungunya et les vraies urgences. Car les patients atteints par le virus ne relèvent pas, pour la plupart, d'une consultation en urgence. Mais, faute de personnel, cette filière courte ne peut être ouverte en permanence.

"Ça encombre les urgences parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas payer une consultation chez le généraliste", analyse le même médecin.

Priorité aux personnes à risque

Seuls les bébés, et les personnes âgées ou fragiles doivent consulter aux urgences. Les autres attendent souvent plus de six heures avec une forte fièvre, pour se voir prescrire du paracétamol. Seuls les symptômes peuvent être traités, et les patients se rétablissent pour la plupart en quelques jours.

Le travail des médecins est alourdi par deux autres épidémies simultanées : l'une de grippe, l'autre de dengue, qui se transmet aussi par le moustique.

Les urgentistes souhaitent des renforts de la part des autres médecins de santé publique.

 

Pour en savoir plus sur le chikungunya :