Strasbourg : soupçons de maltraitance dans une maison de retraite

Une information judiciaire a été ouverte contre X pour des soupçons de maltraitance dans une maison de retraite de Strasbourg, a-t-on appris le 13 mai 2014 de source proche du dossier. L'établissement fait également l'objet d'une inspection de l'Agence régionale de Santé (ARS). Les gestionnaires déclarent que les faits à l'origine de ces investigations - des brimades, des menaces ou des négligences - sont anciens.

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Strasbourg : soupçons de maltraitance dans une maison de retraite
Strasbourg : soupçons de maltraitance dans une maison de retraite (image d'illustration)

La maison de retraite Saint-Gothard à Strasbourg, un établissement privé d'une capacité d'accueil de 97 places, a fait l'objet d'une inspection inopinée de l'ARS du 14 au 17 mars, a précisé à l'AFP Patricia Dietrich, responsable communication de cette agence.

Sa mission d'inspection avait été décidée à la suite de "plusieurs signalements de faits de maltraitance provenant d'une famille d'un résident, ainsi que d'un collectif de professionnels de l'établissement qui avaient joint des témoignages d'autres résidents", a précisé Mme Dietrich.

Un rapport a été rédigé et soumis pour observations à l'établissement. Dans le même temps, les inspecteurs de l'ARS ont informé le parquet de Strasbourg de leurs constats préliminaires, en vertu de l'obligation légale à laquelle est soumis tout fonctionnaire qui a connaissance de crimes ou de délits, a-t-elle ajouté.

L'ARS vient de réceptionner les remarques de l'établissement et travaille actuellement à la finalisation d'un rapport définitif, attendu pour fin mai ou début juin.

Brimades, menaces ou négligences

Selon les médias locaux, les témoignages feraient état de brimades, menaces ou négligences à l'encontre des pensionnaires par quelques membres de l'encadrement.

"Je regarde ça de très près évidemment et l'Agence régionale de santé d'Alsace est directement mobilisée", a souligné dans la soirée du 13 mai la ministre de la Santé Marisol Touraine sur RTL.

"Nous ne faisons preuve d'aucune tolérance en la matière, car les conditions d'accueil des personnes âgées doivent être irréprochables", a-t-elle poursuivi, jugeant "nécessaire d'enquêter et de savoir ce qui s'est passé" tout en se refusant "à accuser avant d'avoir les éléments pour le faire".

"Des faits anciens"

Pour Luc Ernewein, président de l'association qui gère la maison de retraite en question, l'AGES, les accusations de maltraitance à l'origine de cette affaire font pour l'essentiel référence à "des faits anciens que nous connaissions et que nous avons sanctionnés", ainsi que d'autres faits non identifiables, relatés dans une lettre anonyme en novembre dernier.

Selon lui, "il n'y a eu en aucun cas des violences physiques sur des pensionnaires, tout au plus des conduites inadaptées ou des réponses inadaptées à des souhaits de pensionnaires".

Récemment toutefois, "nous avons licencié une salariée qui avait commis des actes d'escroquerie" envers un pensionnaire, a-t-il reconnu.

"Nous avons répondu au rapport initial de l'ARS et nous attendons la fin de la procédure", a-t-il ajouté, soulignant que son principal souci était désormais de "travailler normalement dans cette maison de retraite et de rétablir un climat plus serein" au sein de l'établissement.

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