Prix des médicaments : encore de gros décalages d'une pharmacie à l'autre

Des prix stables, mais encore trop d'écarts entre les points de ventes... C'est le constat de l'Observatoire 2014 du prix des médicaments vendus sans ordonnance, délivré par l'association de consommateur Familles Rurales. Pharmacie classique, site Internet ou grandes surfaces, y a t-il des différences de tarifs ?

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Prix des médicaments : encore de gros décalages d'une pharmacie à l'autre
Prix des médicaments : encore de gros décalages d'une pharmacie à l'autre

"En comparant les prix, le consommateur peut économiser en moyenne 4,4 euros et jusqu'à plus de 6 euros sur une boîte", explique l'association de consommateur Familles rurales, dans son Observatoire annuel sur le prix des médicaments vendus sans ordonnance. Si les prix restent constants depuis 2010, les écarts entre officines sont flagrants. Les tarifs varient souvent du simple au quadruple... L'étude publiée le 16 décembre s'est penchée sur quatorze médicaments sans ordonnance disponibles librement en pharmacie. Parmi eux, le Nurofen® (antidouleur à base d'ibuprofène), le lait maternisé Gallia®, la crème contre les brûlures Biafineact®, les sirops contre la toux ou encore les dosettes de sérum physiologique.

Depuis 2008 et la généralisation de la vente de médicaments sans ordonnance, près de 400 produits sont disponibles librement en pharmacie. L'association Familles Rurales a comparé leurs prix dans 45 pharmacies physiques (localisée dans 25 départements) et 43 sites internet de vente de médicaments, autorisés depuis janvier 2013.

Des prix multipliés par quatre

En se penchant sur les tarifs opérés au comptoir des pharmacies, l'association a constaté que les écarts de prix dépendaient fortement du point de vente. Le tarif du sérum physiologique, par exemple, s'étale de 1,95 euro à 8 euros dans certaines pharmacies ! Une différence de près de 6 euros, qui s'observe aussi pour l'Arnigel® ou pour la crème anti-herpès Activir®... Les traitements qui subissent le moins de fluctuations de prix sont le Nurofen® et le sirop contre la toux Drill® (en moyenne près de 2 euros de différence). Ce décalage n'est pas nouveau et reste régulièrement pointé du doigt par les associations de consommateurs.

Une bonne nouvelle néanmoins : le prix moyen des médicaments sans ordonnance reste stable. Quand le tarif de certains traitements augmente (la Biafine® par exemple a augmenté de 7% depuis 2010), celui d'autre médicaments baisse (comme l'Activir® en baisse de 7%). La balance s'équilibre ainsi entre augmentation et chute des prix. Pourtant le constat est toujours insatisfaisant pour l'association, qui rappelle que "l'objectif du ministère de la Santé de baisse des prix en mettant certains médicaments en accès libre n'est pas atteint".

 

Ecarts de prix entre médicaments selon les pharmacies pour l'années 2014, Source: Familles Rurales


Internet et grandes surfaces, moins chers qu'en pharmacie ?

Depuis 2013, la vente de médicaments sans ordonnance a été généralisée à internet. Si les tarifs sont moins chers qu'en officine classique, la différence reste pourtant sensible... En cause notamment : les frais de port, de 6 euros en moyenne, qui font augmenter le coût total de l'achat. "Commander sur Internet, même en cas de frais de port gratuit, et du fait de la disparité des prix (quand bien même inférieurs), n'est pas forcément moins cher que d'aller dans une pharmacie physique", précise le rapport. Et, à l'instar des pharmacies classiques, les écarts de prix entre sites internet sont grands.

En 2014, le monopole des pharmaciens concernant la vente de tests de grossesses a été rompu par la loi "Hamon" qui a autorise leur vente en grandes et moyennes surfaces. L'association Familles Rurales a donc voulu savoir ce qu'il en était de leur prix en supermarché. Le résultat est cette fois-ci très net : le prix des tests de grossesses est divisé par plus de deux en grande surface ! Dans certains hypermarchés, on peut même trouver des tests pour moins d'1 euro...

Ecarts de prix, à qui la faute ?

Si les pharmaciens sont souvent pointés du doigt quand on évoque le prix des médicaments, ils ne sont pas seuls en cause. Les prix d'achats, s'ils sont groupés ou pas, varient souvent du simple au double. Pour faire baisser les tarifs, les pharmaciens ont alors deux solutions : acheter de gros stocks ou faire partie d'un groupement de pharmacies, comme Giphar ou Giropharm. Dans les deux cas, cela leur permet de se fournir directement au laboratoire, au prix du fabricant, donc moins cher. Cette mutualisation des commandes leur donne souvent le droit d'obtenir des réductions supplémentaires de la part du laboratoire.

Les pharmacies "discounts" affirment aussi appliquer des marges plus faibles, pour vendre leurs médicaments au prix le plus bas. Depuis 2006, le déremboursement massif de nombreux traitements sans ordonnance est aussi un des responsables de la flambée de prix.


Source : Observatoire de prix des médicaments 2014, Familles Rurales, 16 décembre 2014

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