Primaires socialistes : le programme « santé » de F. Hollande et M. Aubry

Quelques lignes seulement sur les sites Internet de chaque candidat, a peine vingt minutes d’échanges sur les trois débats télévisés… la santé n’est pas apparue comme la priorité des primaires socialistes. Quelles sont les propositions des deux candidats finalistes Martine Aubry et François Hollande ? Revue de détails.

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Primaires socialistes : le programme « santé » de F. Hollande et M. Aubry
Primaires socialistes : le programme « santé » de F. Hollande et M. Aubry

Déserts médicaux : inciter ou contraindre ?

Les deux candidats à la primaire socialiste partagent le même objectif : mieux répartir les médecins sur le territoire, mais pour y parvenir, ils prônent des solutions très différentes. Pour Martine Aubry, il faut contraindre car "les mesures incitatives, ça ne marche pas", a-t-elle déclaré au cours du troisième débat télévisé entre les six candidats à la primaire PS. La candidate propose de demander aux jeunes médecins de s’installer au moins cinq ans dans les zones "où on a vraiment besoin d’eux". Elle rappelle que l’Etat finance pendant 10 à 12 ans les formations des médecins et qu’il est donc logique de les mobiliser pour lutter contre les inégalités territoriales.

François Hollande, lui, propose la logique inverse : "On préfère limiter l’installation de médecins dans les zones sur-dotées plutôt que de les obliger à s’installer dans les zones sous-dotées", explique Claude Pigement, responsable santé dans l’équipe de François Hollande. Pour cela, le candidat réfléchît à "un système qui interdirait par exemple à un spécialiste de s’installer dans une région déjà très peuplée en médecins tant que l’un des praticiens déjà installé ne part pas à la retraite".

Système de soins

"Remettre l’hôpital au cœur du système", c’est la ligne directrice du programme santé de Martine Aubry. Selon Jean Mallot, chargé des questions de santé au sein de son équipe de campagne, la candidate est "particulièrement attachée à l’hôpital public. Elle connaît très bien les problèmes auquel il est confronté car elle est présidente du Conseil de surveillance du CHRU de Lille, l’un des plus grands CHU de France". Martine Aubry insiste sur l’amélioration des conditions de travail des personnels hospitaliers, qui sont "au bord de la rupture". Cela passera, par exemple, par la revalorisation de certaines tâches et le fait de déléguer des actions d’éducation thérapeutique aux infirmiers.

Du côté de François Hollande, on admet une différence "sémantique" entre les deux candidats. "Nous, nous pensons que la place de l’hôpital est centrale, mais les généralistes et les patients doivent tout autant être au cœur du système de santé. C’est une vision moins hospitalo-centrée que celle de l’équipe de Martine Aubry", affirme Claude Pigement. Pour encourager la profession de généraliste, François Hollande souhaite notamment "ajouter des forfaits au paiement à l’acte".

Les deux candidats se retrouvent sur l’importance de développer les maisons de santé, regroupant des professionnels de différentes disciplines.

Dépassements d’honoraires

"Plafonner les dépassements d’honoraires, pour les assécher", c’est l’objectif du député de Corrèze. Du côté de la maire de Lille, la ligne est sensiblement la même : "il faut réduire progressivement les dépassements pour aller vers l’extinction", explique son conseiller santé.

Tarification à l’activité

François Hollande et Martine Aubry proposent tous les deux de remettre à plat la tarification à l’activité (T2A), qui subordonne le budget de chaque hôpital à son activité stricto sensu indépendamment de ses spécificités. Autre point d’accord : la remise en cause de la convergence tarifaire entre les hôpitaux publics et les cliniques privées fixée à 2018.

Prévention

"Pour lutter contre les inégalités et améliorer notre système de santé nous mettrons au premier plan la prévention", c’est la position commune qui figure dans le programme du parti socialiste. D’après Jean Mallot, Marine Aubry s’engage notamment à "dégager des moyens importants pour la prévention à l’école, au travail mais aussi pour de grandes campagnes d’information et de dépistage".

Le prochain débat télévisé entre les deux ténors du PS aura lieu mercredi 12 octobre 2011.  Mais il y a fort à parier que l’affrontement se jouera sur un autre terrain que celui de la santé.

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