Numerus clausus : les internes en médecine contre une nouvelle augmentation

Des syndicats d’internes en médecine s’opposent à une augmentation du numerus clausus des études médicales qui selon eux ne permettra pas de lutter contre la baisse du nombre de médecins prévue d’ici 2020.

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Afin d'éviter une pénurie de praticiens dans dix ans, le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Santé, Xavier Bertrand, a fait part de son intention d'augmenter le numerus clausus fin novembre 2011. Mais les syndicats d'internes rappellent que, selon l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé, le nombre de médecins va certes diminuer jusqu'en 2020 en raison des départs à la retraite, mais retrouvera en 2030 son niveau actuel. "Le numerus clausus actuellement en vigueur permettra à moyen et long terme une augmentation acceptable du nombre de praticiens en exercice", estiment l'Inter Syndicat National des Internes des Hôpitaux (ISNIH) et l'InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale (ISNAR-IMG).

Ce numerus clausus a été relevé régulièrement depuis la fin des années 1990, pour atteindre 7 400 médecins qui pourront être formés en 2009. L'objectif du gouvernement était d’atteindre 8 000 nouveaux médecins à former en 2011. Pourtant depuis plusieurs années, les syndicats d'internes alertent les pouvoirs publics "sur les dangers d'une augmentation déraisonnable du numerus clausus" et réclament plutôt une amélioration des capacités de formation. "La démographie connaît et connaîtra des évolutions, mais une augmentation du numerus clausus ne permettra pas de résoudre la diminution du nombre de médecins prévue jusqu’en 2020", estiment-ils.

La répartition des médecins, le vrai problème ?

"Le nombre d'enseignants n'a pas augmenté depuis l'ouverture importante du numerus clausus, mettent en garde ces syndicats. Nos facultés ont atteint, parfois même largement dépassé leurs capacités de formation avec de graves conséquences sur la qualité et la quantité de la formation théorique et pratique. L'activité médicale, l’encadrement et l’accompagnement doivent être suffisants pour que les stages soient réellement formateurs, assurant ainsi une transmission effective de l'art médical", soulignent-ils.

Pour Jean-Christophe Faivre, secrétaire général de l'ISNIH, et interne des Hôpitaux de Nancy en oncologie radiothérapie, "ce choix n’est pas cohérent car le problème n'est pas le nombre de médecins mais la répartition des médecins et l'attractivité du territoire. Par exemple, à Lille, les internes en médecine générale ne peuvent pas faire leur internat en trois ans, leurs études sont rallongées d'un semestre parce qu'il n'y a pas assez de terrains de stage car les médecins responsables de stages ne sont déjà pas assez nombreux." Certaines régions connaissent aussi une saturation des terrains de stage pour certaines spécialités médicales.

Pour les syndicats d'internes, la qualité de la formation doit être garantie pour assurer à la population des soins de qualité.

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