L'asthme : des particularités au féminin

Après 35 ans, les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à souffrir de l'asthme, alors que dans l'enfance, les garçons sont plus touchés que les petites filles. En cause, la vie féminine, scandée par les évolutions hormonales.

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L'asthme : des particularités au féminin
L'asthme : des particularités au féminin (Photo © spflaum - Fotolia.com)

"A toutes les phases hormonales (puberté, règles, grossesse, ménopause), il peut y avoir une modification de l'asthme, explique le Dr Zordan, pneumologue. Mais on ne peut pas prévoir s'il va s'améliorer, s'aggraver ou se stabiliser (le plus souvent). Il faut donc être particulièrement vigilant dans le suivi."

Continuer le traitement durant la grossesse…

La majorité des femmes asthmatiques redoutent l'effet des corticoïdes sur le fœtus et réduisent d'elles-mêmes les doses. Un constat alarmant alors qu'un traitement adapté permet de réduire les exacerbations de l'asthme, un phénomène associé à moins de prématurité, un poids de naissance plus élevé, mois d'hospitalisations et d'infections respiratoires la première année.

D'après un article du Panorama du médecin (5 mai 2014), 40% des femmes réglées asthmatiques verraient leur affection s'aggraver en lien avec les cycles menstruels, en période prémenstruelle (juste avant les règles) ou durant les cycles. "C'est ce que l'on appelle les asthmes cataméniaux", commente le Dr Zordan. 

Durant la grossesse, l'asthme s'aggraverait chez un tiers des femmes et le risque d'exacerbation serait multiplié par deux ou trois. "Mais on ne sait jamais comment la grossesse peut déstabiliser la grossesse, il faut continuer le traitement des bronchodilatateurs et corticoïdes, recommande le pneumologue. Il est essentiel de rassurer les femmes enceintes et de bien leur expliquer que l'on peut prendre ces médicaments sans risque pour le bébé (les corticoïdes passent dans les bronches et très peu vont dans le sang).

Lors de la ménopause, on observe là encore une aggravation des symptômes et une réduction de la fonction respiratoire.

Quelles causes ?

Si les hommes et les femmes présentent des différences en matière d'asthme, ce serait vraisemblablement du fait des hormones sexuelles, les androgènes (hormones mâles) et les oestrogènes (hormones femelles), et de leurs effets sur les poumons. Mais le mécanisme n'est pas parfaitement élucidé. Néanmoins, le retentissement du cycle menstruel sur l'hyperréactivité bronchique, en cause dans l'asthme, a pu être démontré : les bronches seraient plus réactives dans la période qui entoure le cycle menstruel.

Et la contraception hormonale pourrait avoir un rôle, lorsque l'asthme survient peu de temps après la mise en place de la contraception, mais chez certaines femmes uniquement (les plus minces). Là encore, tout n'est pas clair dans la compréhension du phénomène...

Consulter un spécialiste

"L'asthme est nettement mieux traité, et ce dès l'enfance, rassure le Dr Zordan. Le nombre d'hospitalisation pour décompensation a diminué et les asthmatiques ont désormais une vie tout à fait normale lorsqu'ils prennent correctement leur traitement." Mais les femmes doivent être informées des possibles retentissements de leur vie hormonale sur leur affection et signaler tout changement à leur pneumologue.

De même, une femme qui tousse, qui est essoufflée ou qui a des bronchites à répétition, durant les périodes particulières que sont la puberté, les règles, la grossesse ou la ménopause, doit absolument consulter un pneumologue et bénéficier d'un traitement adapté si besoin.

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