Doper les prématurés à l'EPO pour prévenir les séquelles ?

L'érythropoïétine, plus connue sous le nom d'EPO, permettrait de prévenir les séquelles chez les nouveau-nés prématurés. Ce sont les résultats d'une étude publiée dans la revue Journal of American Medical Association (JAMA) le 27 août 2014.

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Doper les prématurés à l'EPO pour prévenir les séquelles ?
Doper les prématurés à l'EPO pour prévenir les séquelles ?

Surtout connu pour ses effets sur les cyclistes, l'EPO pourrait être bénéfique pour les prématurés. Une équipe de scientifiques suisses a en effet montré que l'administration d'érythropoïétine (nom scientifique de l'EPO) chez les prématurés, immédiatement après leur naissance, diminue les risques de lésions cérébrales.

L'érythropoïétine est une hormone naturelle synthétisée par les reins qui stimule la production de globules rouges.

Des organes encore en développement

Avant le terme, certains organes n'ont pas fini leur développement. C'est le cas du cerveau qui peut subir des séquelles. Les principales causes sont un manque d'oxygène, un risque d'infection ou d'inflammation qui entrainent une destruction des cellules.

Les conséquences peuvent se traduire par des déficiences motrices ou intellectuelles. Une équipe de l'Inserm a montré que 9% des enfants grands prématurés étaient atteints de déficience motrice, soit 100 fois plus que les enfants nés à terme et 12% présentaient des déficiences intellectuelles, de modérées à sévères, soit quatre fois plus que les enfants nés à terme. 

Trois doses d'EPO dans les deux premiers jours

Pour montrer l'effet bénéfique de l'EPO, les chercheurs ont suivi 495 prématurés nés en Suisse entre 2005 et 2012. La moitié d'entre eux a reçu trois doses d'EPO par intraveineuse dans les deux premiers jours de leur vie. L'autre moitié a reçu un placebo.

Puis, au terme prévu de leur grossesse, l'état du cerveau de 77 nouveau-nés ayant reçu de l'érythropoïétine et de 88 nouveau-nés ayant reçu le placebo a été observé grâce à l'Imagerie par résonnance magnétique (IRM).

Les chercheurs ont alors constaté que le cerveau des enfants ayant reçu les doses d'EPO présentait moins de lésions cérébrales que ceux ayant reçu le placebo. Sur les 77 enfants traités, seuls 17 présentaient des lésions de la matière blanche (soit 22%) et 5 de la matière grise (soit 7%). Tandis que sur les 88 enfants non traités, 32 présentaient des lésions de la matière blanche (soit 36%) et 17 de la matière grise (soit 19%).

Des recherches à poursuivre

Les chercheurs vont à présent tester l'effet de l'EPO sur le développement cognitif des prématurés. Pour cela, ils effectueront des tests sur des enfants âgés de 2 et 5 ans.

Source de l'étude : Association Between Early Administration of High-Dose Erythropoietin in Preterm Infants and Brain MRI Abnormality at Term-Equivalent Age. Petra Susan Hüppi et al. Journal of American Medical Association (JAMA). 27 août 2014. doi :10.1001/jama.2014.9645

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