Différents types de cancers partagent les mêmes mutations génétiques

Deux nouvelles recherches portant respectivement sur la leucémie myéloïde aiguë et le cancer de l'endomètre confirment des mutations génétiques similaires entre différents types de cancers. Cette découverte ouvre la voie à des traitements ciblés plus efficaces.

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Différents types de cancers partagent les mêmes mutations génétiques
Différents types de cancers partagent les mêmes mutations génétiques

Des mutations génétiques semblables peuvent intervenir dans la survenue de cancers différents. C'est ce que confirment deux études : l'une sur la leucémie myéloïde aiguë (cancer du sang), parue dans The New England Journal of Medicine ; l'autre sur le cancer de l'utérus, publiée dans la revue britannique Nature.

Les génomes des cancers passés au crible

Ces recherches s'inscrivent dans le cadre d'un vaste projet des Instituts américains de la santé (NIH), appelé "Cancer Genome Atlas Project", visant à décoder l'empreinte génétique de 10.000 tumeurs qui recouvrent une vingtaine de cancers différents.

Ce projet, initié en 2006, a déjà permis d'apporter d'importants éclairages sur les cancers du sein, du poumon et du côlon en révélant des relations génétiques entre eux et avec d'autres tumeurs.

Des génomes semblables

Ainsi un type de cancer du sein présente des mutations génétiques très similaires à celui de l'ovaire. Des cancers du côlon ont souvent des mutations trouvées dans le cancer du sein et environ la moitié des cancers du poumon pourraient répondre à des traitements utilisés contre d'autres tumeurs, expliquent les chercheurs.

Ces recherches génomiques bouleversent l'approche clinique du cancer qui de plus en plus est classé en fonction de ses caractéristiques génétiques plus que de l'organe qu'il touche.

La dernière étude sur la forme la plus agressive de cancer utérin ressemble aux cancers les plus graves de l'ovaire et du sein, selon les auteurs de l'étude qui ont analysé 373 tumeurs.

Ces chercheurs ont également déterminé qu'une mutation du gène PI3K était plus fréquente dans les tumeurs utérines que dans n'importe quels autres cancers étudiés dans le projet Atlas.

En identifiant les mutations génétiques impliquées dans les différents cancers humains, les chercheurs mettent à disposition une base de données essentielle à la compréhension des mécanismes qui entraînent la maladie. Et par conséquent à l'étude de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Etudes de référence :
- The Cancer Genome Atlas Research Network. Integrated Genomic Characterization of Endometrial Carcinoma. Nature. May 2, 2013. DOI:10.1038/nature12113.
- The Cancer Genome Atlas Network. Genomic and epigenomic landscape of adult de novo acute myeloid leukemia. New England Journal of Medicine. Online May 1, 2013. In print May 30, 2013. DOI:  10.1056/NEJMoa1301689

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